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Portrait d'Hélène (1929)

AB-ZM-1929-007 Portrait d'Hélène

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Autour de 1929, Breuillaud se trouve au point de bascule entre :

la période ZM (1925–1929), centrée sur les marges sociales, et les premiers signes d’un retour à la figuration structurée, plus intime et plus introvertie, qui annoncent certaines évolutions des années 1930.

Le portrait d’Hélène intervient au moment où l’artiste stabilise son langage pictural. Il s’éloigne progressivement du pathos dramatique des portraits de la Zone (1926–1928) au profit d’une présence humaine plus apaisée, mais d’autant plus intense dans son intériorité.

Ce portrait se situe donc dans la catégorie des proto-ZM tardifs, œuvres de transition où l’intimité, la psychologie et la rigueur picturale l’emportent sur la dimension sociale.

Description plastique / stylistique

La coiffure courte, moderne, typique des années 1925–1930, renforce l’ancrage historique.

Les plis du tissu sont esquissés, presque suggérés plutôt que détaillés : Breuillaud concentre la finition sur le visage.

Les teintes passent de gris-beige à des roses atténués, créant une harmonie très douce.

Fond travaillé en spirales et frottis d’ocres et de gris, presque abstrait.

Ce fond mouvant crée un halo autour du visage, isolant la figure et renforçant la présence psychologique.

Les mains, bien que partiellement visibles, sont traitées avec une matière moins détaillée : encore une indication du choix assumé de centrer la composition sur la psychologie du visage.

Analyse comparative / corpus voisin

Le portrait s’inscrit dans une lignée particulière :

  1. Par rapport à ZM

Moins sombre, moins violent que Le Bicot de la Zone (AB-ZM-1928-005).

Plus intime, mais gardant la pâte épaisse, caractéristique de ZM.

Conserve une dimension réaliste, mais sans charge sociale.

  1. Par rapport aux portraits féminins antérieurs

Plus construit que les portraits académiques des années 1923–1924.

Moins stylisé que les aquarelles marocaines/nord-africaines de 1927 (Mazilia, Moukère).

  1. Par rapport à ses œuvres des années 1930

Déjà la marque d’une économie de moyens, une centralité du regard, une recherche de vérité intérieure, qui deviendront essentielles dans ses portraits plus tardifs.

Ce tableau constitue un jalon important dans l’évolution psychologique du portrait chez Breuillaud.

Justification de datation

La datation circa 1929 est cohérente :

Aucun élément stylistique ne contredit cette attribution.

Provenance / expositions / publications

Collection privée familiale

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud