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Nu assis (1928)

AB-ZM-1928-001 Nu assis

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1928, Breuillaud se situe dans une phase de transition nette. Tout en poursuivant les thèmes ZM — friches, figures de la zone, portraits d’intensité sociale — il réactive parallèlement un exercice de fond : l’étude académique du nu. Ce retour au corps n’annule pas la veine des marges ; il la complète, en consolidant l’outil graphique et la compréhension des volumes, de la lumière et des poses complexes.

Le fusain, par sa rapidité et sa capacité de modelé, devient un médium privilégié pour affiner l’anatomie et l’équilibre des masses. Nu assis s’inscrit dans cette recherche : une feuille d’atelier ou d’étude qui nourrit, à distance, la virtuosité future des grandes compositions figurées, où la structure corporelle restera un enjeu central.

Description plastique / stylistique

Le modèle féminin est représenté assis au sol, le torse redressé, un bras levé au-dessus de la tête. La pose crée une torsion douce qui articule le buste, l’arc du flanc et l’arrondi des hanches. L’économie de décor et la grande réserve du papier concentrent la lecture sur la construction du corps et sur la tension interne du geste.

Le tracé au fusain est souple et continu, avec des contours fermes, assumés, qui dessinent l’ossature sans hésitation. Le bras levé, axe vertical de la composition, révèle un équilibre précis entre exactitude anatomique et liberté de ligne. Les ombres, nombreuses mais jamais lourdes, sont travaillées en dégradés veloutés : un modelé léger qui fait gonfler les volumes de la hanche, du ventre et du torse, tout en laissant le papier respirer.

Le visage, légèrement en contre-plongée, porte une expression à la fois concentrée et abandonnée, créant un contraste avec la volonté du bras levé. Le grain du support, légèrement teinté, accroche le fusain et adoucit les passages ombrés, donnant à l’ensemble une qualité de sfumato qui équilibre rigueur académique et sensibilité moderne.

Analyse comparative / corpus voisin

La feuille s’inscrit dans la famille des nus de transition de la fin des années 1920, à mi-chemin entre le dessin académique hérité de l’apprentissage et des recherches plus libres qui apparaîtront ensuite dans les séries de nus plus stylisés. Par rapport aux œuvres ZM contemporaines (paysages de frange urbaine, portraits expressifs), Nu assis déplace l’enjeu : le corps n’est plus figure sociale, mais objet d’étude, construit par lignes, masses et lumière.

Cette base anatomique, patiemment consolidée ici, se retrouvera plus tard, transposée et amplifiée, dans des compositions où la figure devient plus synthétique, mais toujours soutenue par une compréhension solide de la pose et du volume.

Justification de datation et d'attribution

La datation 1928 est tenue pour certaine : elle est cohérente avec la signature et avec la manière de ces études au fusain de la fin de décennie, où le contour ferme s’accompagne d’un modelé doux et d’un usage attentif du papier. Aucun élément formel ne contredit cette attribution.

Provenance / expositions / publications

Localisation inconnue.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud