Fiche technique
- Titre : Rue Jules Vallès (Paris)
- Date : 1925
- Technique : Huile sur toile
- Dimensions : 65 × 81 cm
- Localisation : Inconnue
Contexte biographique / historique
Cette œuvre marque l’entrée explicite de Breuillaud dans le cycle ZM, consacré aux zones périphériques de Paris. À partir de 1925, l’artiste délaisse progressivement les vues urbaines centrales pour s’intéresser aux franges de la ville : routes en pente, terrains vagues, alignements bâtis discontinus et atmosphères de saison froide. Rue Jules Vallès s’inscrit dans cette transition, non comme une description topographique précise, mais comme une saisie sensible d’un espace marginal, où la structure du lieu et le climat dominent la narration.
Description plastique / stylistique
La composition est organisée par une voie en pente, légèrement courbe, qui traverse la scène et conduit le regard vers un groupe de constructions sombres. Cette diagonale de la chaussée constitue l’axe principal de la peinture. À gauche, des arbres dénudés forment une masse noire et nerveuse ; à droite, des volumes bâtis s’alignent en blocs compacts, resserrant l’espace et accentuant la sensation de couloir. Un lampadaire, placé en position intermédiaire, agit comme point d’arrêt visuel. L’horizon est haut, laissant au ciel une large bande claire, presque mate, qui contraste avec la densité des masses terrestres. La palette est dominée par des bruns, des gris chauds et des noirs, ponctués de rares accents rouge-orangé sur certaines façades. La matière est travaillée par brossages et frottis, avec des reprises visibles ; les formes architecturales sont simplifiées, parfois cassées par des gestes obliques. L’ensemble produit une atmosphère lourde et froide, où la route semble à la fois ouvrir la profondeur et enfermer la scène.
Analyse comparative / corpus voisin
Par son motif de périphérie et son vocabulaire de masses sombres sur fond clair, cette toile s’inscrit pleinement dans le corpus ZM du milieu des années 1920. Elle partage avec d’autres paysages de zone la réduction descriptive et l’importance accordée aux rapports de valeurs. Elle s’en distingue toutefois par la place centrale accordée à la perspective de la rue et par le rôle structurant du lampadaire, qui stabilise la composition sans en atténuer la tension. Par rapport aux scènes climatiques ultérieures, la dramaturgie repose ici davantage sur l’axe de circulation et la compression latérale du bâti que sur l’événement météorologique.
Justification de datation
La datation 1925 est cohérente avec l’apparition des motifs de zone, la gamme sourde et la simplification des formes, caractéristiques de l’ouverture du cycle ZM. La priorité donnée aux rapports de masses et à l’atmosphère, tout en conservant un ancrage lisible dans le motif, situe l’œuvre dans cette phase initiale du segment.
Provenance / expositions / publications
Donnée documentaire publiée dans l’ouvrage de Michelle Philippon (1992).
