Fiche technique
- Titre : Cueillettes des olives à Caromb (II)
- Date : 1950
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 38 x 61 cm
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
Cette seconde variante de la cueillette des olives à Caromb approfondit le même motif collectif, en le resserrant sur l’oliveraie : l’action se déroule au cœur des arbres, sans ouverture narrative vers le charroi.
Dans la phase PR2, Breuillaud utilise volontiers la récolte comme un modèle de composition : répétition des gestes, alternance accroupi/debout, et circulation entre sol, troncs, feuillages et lointain.
Le paysage provençal n’est pas un décor naturaliste : il devient un dispositif de plans où les corps, les troncs et la pente partagent la même logique de construction.
Description plastique / stylistique
Scène centrée sur une oliveraie : deux grands arbres aux masses feuillues vert sombre occupent la partie haute, tandis que le sol est traité en larges bandes d’ocre/orange.
Trois figures structurent le rythme : deux silhouettes accroupies aux extrémités (gauche et droite), coiffées de foulards clairs, et une figure centrale en mouvement sur une échelle (ou sur une pente), bras tendu vers le feuillage.
Le dessin privilégie des contours sombres et des facettes colorées : troncs en diagonales, feuillages en blocs, collines du fond en violets et rouges, créant un contrechamp chromatique.
La perspective est simplifiée : la profondeur naît surtout des recouvrements (arbre/figure/sol) et des variations de valeur, plus que d’une construction géométrique classique.
Analyse comparative / corpus voisin
Comparée à AB-PR2-1950-012 (Cueillettes I), cette version (II) élimine les signes de charroi et renforce l’« immersion » dans les arbres : le motif devient plus silencieux, plus ramassé, presque cérémoniel.
La manière de traiter les feuillages en masses modulaires rapproche l’œuvre des paysages de Caromb (AB-PR2-1950-014) : même logique d’aplats, mais ici appliquée à une scène de figures.
Le dispositif en trois personnages (accroupi / ascendant / accroupi) fonctionne comme une structure contrapuntique, fréquente dans le corpus PR2, où les gestes servent de lignes de force.
Justification de datation et d'attribution
La datation 1950 est cohérente avec la palette PR2 (ocres, verts profonds, contrepoints violets/rouges) et la fusion post-cubiste des plans (sol, troncs, corps) en un même réseau.
La présence d’une narration encore identifiable (cueillette, échelle, gestes) situe l’œuvre avant les paysages plus « systématisés » de 1951, tout en marquant déjà une stylisation très avancée.
L’attribution à André Breuillaud repose sur la continuité de vocabulaire : contours sombres, volumes en facettes, et articulation du sujet rural avec une construction chromatique autonome.
Provenance / expositions / publications
Localisation actuelle : collection privée.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
