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Cueillettes des olives à Caromb (I) (1950)

AB-PR2-1950-012 Cueillettes des olives à Caromb (I)

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1950, la récolte des olives constitue l’un des grands motifs « collectifs » de Breuillaud : la scène provençale devient une manière de mettre en forme un rythme de gestes, plus qu’un simple témoignage.

Caromb apparaît ici comme un terrain privilégié : l’artiste observe le travail agricole, les outils, les paniers et les animaux de trait, puis les reformule dans une écriture post-cubiste où la couleur construit la scène.

Cette variante (I) introduit, dans le même espace, l’idée de charroi (roues), de présence animale et de circulation, comme si la cueillette s’ouvrait à une petite « mécanique » rurale.

Description plastique / stylistique

Composition horizontale très construite : sol orangé, masses vertes modulaires au centre, ciel bleu profond. Un réseau de branches sinueuses (ocres et violacées) traverse le haut de l’image et sert de charpente.

La scène articule plusieurs pôles : à gauche, une forme circulaire jaune (panier / cuve / grande corbeille) et une silhouette inclinée ; au centre, une figure bleue se détache par son mouvement ascendant (bras levés), comme une traduction gestuelle de la cueillette.

À droite, une silhouette animale sombre (cheval ou mulet) et un grand disque structuré (roue) rappellent le charroi. Une figure verticale, plus sombre, se place au premier plan droit, renforçant l’effet de profondeur par recouvrement.

Les volumes sont découpés en facettes et aplats, avec des contours sombres : le motif est lisible, mais volontairement stylisé, comme « monté » par fragments.

Analyse comparative / corpus voisin

La toile fait système avec AB-PR2-1950-013 (Cueillettes II) : même thème, mais ici davantage « scénographié » par les signes de déplacement (roues / animal), alors que 013 insiste sur l’oliveraie et les gestes au pied des arbres.

Elle se relie également à AB-PR2-1950-011 (Non titré), qui paraît condenser la même énergie linéaire et la même palette (bleus profonds, orangés, verts), avec un degré de narration encore plus réduit.

Dans le corpus PR2, cette version (I) s’intercale entre des compositions plus monumentales (par exemple celles centrées sur le charroi, comme AB-PR2-1950-008 « La Charette ») et des variantes plus décoratives : elle privilégie l’équilibre d’ensemble et la cohérence gestuelle.

On peut la considérer comme l’une des variantes les plus « tenues » du thème : ni trop segmentée (au risque de dissoudre le motif), ni trop figurative (au risque d’affaiblir la construction).

Justification de datation et d'attribution

La datation 1950 est confirmée par la syntaxe PR2 : segmentation marquée, silhouettes schématiques, palette chaude/froide très contrastée, et importance des lignes de force (branches, diagonales, arcs).

Le sujet de la cueillette est traité de façon encore relativement lisible, ce qui situe l’œuvre avant les solutions plus systématiques et parfois plus abstraites de 1951.

L’attribution à André Breuillaud est soutenue par la cohérence stylistique : fusion de la figure avec le paysage, économie du détail, et construction de l’espace par aplats modulaires.

Provenance / expositions / publications

Localisation actuelle : collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud