Fiche technique
- Titre : Non titré
- Date : 1950 (circa)
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 38 x 61 cm
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
Dans la phase PR2 (autour de 1950), André Breuillaud pousse une figuration synthétique où le motif rural devient un prétexte à l’architecture des plans et des lignes.
Cette œuvre s’inscrit dans l’ensemble des scènes provençales (travaux agricoles, déplacements, silhouettes au village) traitées non comme un récit, mais comme un champ de forces : la composition privilégie les circulations, les croisements et les oppositions chromatiques.
La présence de signes « utilitaires » (roues, masses-outils, formes de paniers ou de charges) renvoie au monde du labeur, mais l’épisode narratif s’efface au profit d’une structure presque chorégraphique.
Description plastique / stylistique
Format horizontal panoramique, construit sur un contraste net entre un registre supérieur bleu (ciel / lointain) et un sol chaud (ocres orangés) où s’organisent les silhouettes.
Au centre, un grand faisceau de rubans sinueux gris-violacé traverse l’image, comme un réseau de branches, de cordages ou de mouvements : ces courbes constituent l’armature principale et « cousent » les plans entre eux.
La figuration est volontairement réduite : silhouettes simplifiées, visages masqués, volumes découpés en aplats. Une figure claire (turquoise) se détache au centre droit, semblant porter ou enlacer une charge jaune ; d’autres figures, plus sombres, jalonnent le côté gauche et le bord droit.
Des formes circulaires (roue / disque) et des aplats rouges (mur, bâche ou masse architecturée) ponctuent la scène, créant des accents qui stabilisent la dynamique des rubans.
Analyse comparative / corpus voisin
Par son dispositif en frise et l’emploi de signes de charroi (disques/roues), l’œuvre dialogue avec les variantes de « Cueillettes des olives » de 1950 : même tension entre geste collectif et construction modulaire du paysage.
La composition se rapproche aussi de la veine la plus « tendue » du PR2 : au lieu d’un espace perspectif, Breuillaud privilégie la superposition de plans colorés, avec des contours appuyés et une simplification des anatomies.
Comparée aux paysages plus paisibles de Caromb (ex. AB-PR2-1950-014), cette scène assume une densité linéaire plus élevée et un effet de compression, où les figures et le décor se confondent davantage.
Justification de datation et d'attribution
La datation « circa 1950 » est soutenue par l’équilibre typique PR2 entre figuration lisible et segmentation post-cubiste : silhouettes schématiques, palette chaude/froide fortement contrastée, aplats structurés par des contours sombres.
Le traitement des rubans sinueux et la réduction des volumes vers des signes (disques, masses architecturées, corps en facettes) situent l’œuvre avant la systématisation plus rigoureuse des paysages de 1951, tout en étant déjà éloignée de la construction PR1 plus descriptive.
L’attribution à André Breuillaud est cohérente avec son vocabulaire PR2 : fusion figure/paysage, rythmes diagonaux et courbes, et recherche d’une autonomie du motif par la couleur.
Provenance / expositions / publications
Localisation actuelle : collection privée.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
