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Paysanne dans les oliviers (1950)

AB-PR2-1950-006 Paysanne dans les oliviers

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Cette œuvre se situe dans la genèse du cycle des « femmes au fichu », sous‑groupe significatif du corpus PR2. Breuillaud y reprend un modèle féminin populaire de Provence et le reconstruit en plans colorés, dans une veine post‑cubiste encore sensible mais déjà infléchie vers une lumière plus solaire. La toile apparaît comme une version précoce du motif : la présence humaine demeure tangible, tandis que la structure géométrique organise la figure et le paysage.

Description plastique / stylistique

Une figure féminine assise occupe le premier plan, articulée en facettes polygonales. Les vêtements sont traités en aplats modulaires ; le fichu, rouge et vert, se découpe en angles vifs qui rythment la tête et l’épaule. L’arrière‑plan évoque des oliviers synthétisés en masses planes et obliques, sans profondeur descriptive, comme un tapis de formes. La palette est vive (rouges carmin, verts anis, jaunes citron, mauves atténués) et la matière demeure plutôt brute, avec peu de lissage, renforçant l’effet de construction par plans.

Analyse comparative / corpus voisin

Le tableau se rapproche des recherches contemporaines autour des figures segmentées, en particulier des œuvres du groupe PR2‑1950‑007 et PR2‑1950‑008, par la géométrisation du corps et la fonction structurante du fichu. Il annonce, par la fragmentation contrôlée des surfaces, certaines « silhouettes éclatées » qui se développeront en 1951‑1952 (PR3). À l’échelle du corpus, l’œuvre marque un passage : l’artiste quitte des complications volumétriques encore présentes dans des essais antérieurs (type PR2‑1950‑005) pour une stylisation plus radicale.

Justification de datation et d'attribution

La segmentation, encore douce mais nettement installée, ainsi que l’équilibre entre influence post‑cubiste et chromatisme méditerranéen situent l’œuvre vers 1950. La place du fichu comme motif structurant et la facture encore non « éclatée » la placent après des recherches plus volumétriques de la fin des années 1940 et avant les développements plus poussés du début des années 1950. L’attribution à André Breuillaud est cohérente avec l’ensemble du corpus PR2 de cette période.

Provenance / expositions / publications

Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud