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Musique pour des corps (1950)

AB-PR2-1950-005 Musique pour des corps

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Grand format appartenant au versant « arcadien » du début des années 1950. Breuillaud y maintient, sur une courte période, un humanisme figuré hérité des décennies précédentes, tout en simplifiant le paysage en masses larges et synthétiques.

Ces compositions à figures cohabitent brièvement avec l’autre branche du PR2, plus nettement géométrisée, centrée sur la construction du paysage par facettes. Elles témoignent d’une transition : la tradition cézanienne et la pastorale méditerranéenne y sont encore sensibles, mais déjà filtrées par une volonté de synthèse.

L’œuvre se situe ainsi à l’orée du basculement vers des structures plus construites (1951-1952), sans adopter encore la fragmentation systématique des paysages PR2 les plus cubisants.

Description plastique / stylistique

La scène réunit plusieurs figures féminines au repos dans un paysage lumineux : deux femmes nues allongées au premier plan, une figure assise au centre, en arrière, jouant de la guitare, et deux figures debout à droite, dont les drapés accordent les corps aux masses végétales.

Les volumes sont charnus et modelés par des transitions douces ; les contours restent arrondis, sans tension angulaire marquée. De grands troncs rythment verticalement la composition et ouvrent des échappées vers un lointain bleuté.

La palette, chaude mais non saturée, associe ocres rosés, verts éteints et bleus turquoise. L’espace demeure respirant, pastoral, avec une construction triangulaire qui stabilise l’ensemble.

Analyse comparative / corpus voisin

Par son maintien d’une figuration volumétrique, ce tableau se distingue nettement du corpus géométrique des paysages PR2-1950-001/002/003/004.

Il se rapproche des rares œuvres à figures du même segment (notamment les grands formats où Breuillaud cherche une synthèse entre figure et nature), mais demeure plus doux et moins « cubisant » que les essais qui suivront immédiatement.

Il peut être considéré comme l’un des derniers grands tableaux figuratifs avant la généralisation de la construction polyédrique dans les années suivantes.

Justification de datation et d'attribution

La présence de figures naturalistes associées à un paysage encore peu segmenté, ainsi que la douceur des modelés, situent vraisemblablement l’œuvre dans la première moitié de 1950, avant la poussée polyédrique généralisée.

L’attribution à André Breuillaud est retenue sur critères stylistiques : traitement des volumes, accord des drapés avec le paysage, et continuité avec ses recherches figuratives de l’avant-guerre, en phase de transition vers PR2.

Provenance / expositions / publications

Collection privée. Provenance antérieure, expositions et publications : informations non communiquées à ce jour.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud