Fiche technique
- Titre : Le village au printemps
- Date : 1950
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 38x46
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
Petit format mais œuvre significative de la « mosaïque structurante » de 1950 : Breuillaud y teste un motif répétitif où maisons, collines et arbres deviennent des modules interchangeables.
À ce stade du cycle PR2, l’artiste expérimente un langage presque abstrait sans rompre totalement avec la lecture du réel. La compression des plans et la logique de damier coloré sont typiques de cette phase d’essais rapides, souvent menée sur des formats réduits.
Le tableau montre ainsi l’un des versants les plus expérimentaux du PR2, parallèle aux paysages plus amples et plus lisibles.
Description plastique / stylistique
Le village est représenté comme un patchwork dense, dominé par une gamme de roses, verts, bleus et orangés, agencés en plaques irrégulières. Les volumes ne sont pas cerclés : ils émergent par contraste de valeur et de teinte.
Les arbres du premier plan se réduisent à des masses arrondies, prises dans le même système de facettes que les toitures et les collines. Le ciel est quasiment absorbé par la compression générale des plans.
La touche, courte et posée par unités, accentue l’effet de « puzzle » volontaire ; l’ensemble forme une structure fermée, compacte, qui privilégie la construction à la description.
Analyse comparative / corpus voisin
On retrouve ici la logique constructive de PR2-1950-003, mais ramenée à une version plus modulaire et plus schématique, où le motif se prête à des permutations internes.
Par rapport aux paysages plus respirants (PR2-1950-001) ou plus structurés par diagonales (PR2-1950-002), cette œuvre privilégie la densité et la saturation de surface.
Elle éclaire le passage, en 1950-1951, d’une géométrisation encore liée au motif vers un système de fragmentation qui pourra, ponctuellement, tendre vers l’abstraction.
Justification de datation et d'attribution
La palette pastel saturée, la géométrisation encore « douce » (sans éclatements PR3) et l’usage d’un petit format de recherche situent logiquement l’œuvre en 1950.
L’attribution à André Breuillaud est retenue en raison de la cohérence avec les procédés PR2 (damier chromatique, modules angulaires, touche en tesselles) et de la continuité stylistique avec les paysages de la même année.
Provenance / expositions / publications
Collection privée.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
