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Paysage provençal (1950)

AB-PR2-1950-002 Paysage provençal

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Au tournant de 1950, Breuillaud entre dans ce que l’on peut qualifier de « proto-cubisme provençal » : un paysage reconstruit par plaques modulaires, où l’observation directe est recomposée en architecture chromatique.

Les environs de Caromb, du Barroux et de Beaumes-de-Venise constituent alors un laboratoire visuel. L’artiste y éprouve une écriture fondée sur la diagonale, l’emboîtement des plans et la tension entre masses chaudes et froides.

Cette toile appartient au noyau fondateur du segment PR2 : la figuration demeure lisible, mais la construction polyédrique s’affirme comme principe dominant.

Description plastique / stylistique

La composition s’organise en une succession de plans inclinés — jaunes, orangés, verts et rouges — qui s’emboîtent comme des dalles. Les oliviers du premier plan sont réduits à des volumes géométrisés, presque sculpturaux, dont les troncs tranchent en obliques.

Le village se devine par quelques volumes clairs, posés au centre comme un point d’ancrage, tandis que la colline arrière se déploie en grandes nappes angulaires (bruns, violets, verts assourdis).

La lumière est rendue par contrastes de valeurs et par ruptures de teintes plutôt que par dégradés : le tableau privilégie l’« éclatement organisé » au profit d’une construction ferme.

Analyse comparative / corpus voisin

L’œuvre est proche de PR2-1950-003 par l’affirmation des facettes et la vigueur des accords chauds, mais elle reste plus aérée et plus lisible dans sa distribution des plans.

Elle se situe, par son degré de géométrisation, entre PR2-1950-001 (plus atmosphérique) et les compositions où la fragmentation se densifie en véritable mosaïque (PR2-1950-004).

Elle préfigure le cycle des paysages et scènes autour de la récolte des olives, où Breuillaud poussera plus loin la logique modulaire et la saturation chromatique.

Justification de datation et d'attribution

La segmentation encore régulière, la palette dominée par les ocres et oranges, et la structure en diagonales croisées situent logiquement la toile autour de 1950, avant l’accentuation des cassures et des dislocations plus tardives.

L’attribution à André Breuillaud est confirmée par la concordance des procédés (plans imbriqués, oliviers géométrisés, ombres traduites par cassures chromatiques) avec les autres paysages PR2 documentés de la même période.

Provenance / expositions / publications

Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud