Fiche technique
- Titre : Village au soleil levant
- Date : 1950
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 46x55
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
En 1950, André Breuillaud accélère la transformation de son langage pictural : le paysage provençal, observé autour de Caromb, Beaumes-de-Venise et des contreforts du Ventoux, devient un champ d’expérimentation où les volumes se soudent en modules colorés.
La lumière du matin (rasante et changeante) agit comme un révélateur : elle pousse l’artiste à construire l’espace par plans imbriqués plutôt que par perspective, tout en conservant une lecture figurative du village.
Cette œuvre s’inscrit dans le premier sous-ensemble PR2 : une figuration encore lisible, déjà portée par une géométrisation affirmée qui annonce la montée vers PR3 (1951-1952).
Description plastique / stylistique
Le tableau montre un village vu en légère plongée, structuré par une alternance de toits et de masses végétales. Les architectures se simplifient en blocs ocres, orangés et violacés, tandis que les oliviers sont traités en facettes vertes et turquoise.
La construction privilégie les arêtes et les ruptures de plans : les formes « cassent » l’espace en plaques, sans recourir à des courbes descriptives. Le ciel et le lointain, sombres et profonds, accentuent la sensation de relief par contraste avec les zones éclairées.
La touche, courte et sèche, est appliquée par petites unités, donnant un effet de tessellation qui participe à l’énergie de surface propre aux années 1950-1951.
Analyse comparative / corpus voisin
Par sa logique de plans imbriqués, l’œuvre se rattache au même continuum que PR2-1950-002 et PR2-1950-003, ainsi qu’aux expérimentations plus modulaires de PR2-1950-004.
Elle se distingue toutefois par une palette plus fraîche et une atmosphère plus « matinale », moins saturée que PR2-1950-003, et par une structure plus respirante que les compositions où le motif se densifie jusqu’au quasi-damier.
Ce caractère aéré en fait un jalon utile pour comprendre le passage des paysages encore « ouverts » vers les constructions plus compactes de la seconde partie du cycle PR2.
Justification de datation et d'attribution
La segmentation polyédrique déjà nette, l’absence de courbes héritées de PR1, et la manière de traduire l’ombre par cassures chromatiques correspondent au cœur de l’année 1950, avant les éclatements plus radicaux associés à PR3.
L’attribution à André Breuillaud est retenue au vu de la cohérence stylistique avec le corpus PR2 (grammaire modulaire, touche en tesselles, accords ocre/vert/bleu) et de la logique constructive typique de sa pratique provençale à cette date.
Provenance / expositions / publications
Collection privée. Provenance antérieure, expositions et publications : informations non communiquées à ce jour.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
