Fiche technique
- Titre : Bords du Rhône
- Date : 1938 (circa)
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 50 × 65 cm
- Localisation : non documentée à ce jour
Contexte biographique / historique
Cette vue de rivière s’inscrit dans le registre des paysages méridionaux peints par André Breuillaud dans la seconde moitié des années 1930, période durant laquelle il alterne sujets parisiens et motifs de plein air. L’artiste privilégie alors des vues amples, saisies sur le motif ou recomposées à partir d’études, où la lumière et la matière deviennent des vecteurs d’atmosphère plus que de description topographique.
La présence du Rhône, motif structurant par sa largeur et son mouvement, offre ici un terrain favorable à une peinture de la respiration et des reflets, où le paysage se construit par grandes nappes colorées et contrastes de température.
Description plastique / stylistique
La composition se déploie horizontalement autour d’un large cours d’eau qui traverse la scène en diagonale douce, séparant le premier plan herbeux et pierreux d’une rive opposée plus lointaine. À l’arrière-plan, une chaîne de collines bleutées ferme l’horizon et installe une profondeur atmosphérique obtenue par dégradés et fondus.
La palette, dominée par des verts assourdis, des ocres et des bleus-gris, est animée de touches plus chaudes qui soulignent les zones de terre et les lisières. Les arbres et masses végétales sont traités en volumes synthétiques, à la fois souples et fermes, tandis que l’eau est rendue par des passages plus lisses et des reprises colorées qui suggèrent le courant et les reflets du ciel.
La matière picturale, posée en empâtements modérés et coups de brosse visibles, construit le relief du terrain et donne au paysage une présence charnelle sans surenchère descriptive.
Analyse comparative / corpus voisin
Par son cadrage large et sa recherche d’équilibre entre masses sombres et zones lumineuses, l’œuvre se rattache aux paysages de plein air de Breuillaud où la composition privilégie la stabilité et la continuité des plans plutôt qu’une perspective accentuée. Comparée aux paysages plus anguleux et plus contrastés qu’il réalise au tournant de 1939–1941, cette toile conserve une approche plus atmosphérique, avec des transitions de valeurs et une construction fondée sur la respiration de la lumière.
Le traitement de la végétation en aplats modulés et la simplification des volumes annoncent néanmoins une tendance à la synthèse formelle qui s’affirmera ensuite dans certains paysages plus construits.
Justification de datation et d'attribution
La datation « 1938 circa » repose sur la cohérence stylistique avec les paysages de la fin des années 1930 : palette encore relativement naturaliste mais déjà simplifiée, profondeur atmosphérique obtenue par fondus bleutés, et matière contenue. L’absence de rupture formelle marquée, ainsi que le rapport apaisé au motif, situent l’œuvre avant les partis pris plus géométrisés et chromatiquement tendus de la période 1939–1941.
Signature : l’œuvre est signée « Breuillaud » en bas à gauche.
Données images
Nature du document : reproduction photographique couleur.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
