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Femmes aux coquelicots (1934)

AB-PN-1934-001 Femmes aux coquelicots

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1934, Breuillaud s’empare d’un motif rural — la cueillette — pour poursuivre, dans le cadre de PN, une recherche d’équilibre entre héritage impressionniste, sens du mouvement, et premières tentatives de structuration plus ferme de l’espace. Loin de la zone urbaine et des figures sombres, la toile installe une respiration : champ, lisière d’arbres, ciel changeant, et silhouettes en action.

La présence d’une étiquette d’exposition parisienne (Robinot Frères & Cie) indique que l’œuvre a circulé tôt dans le circuit d’exposition. Elle témoigne ainsi d’un Breuillaud déjà reconnu dans les années 1930 pour ses scènes figuratives, avant les mutations ultérieures du corpus.

Description plastique / stylistique

Trois femmes cueillent des coquelicots dans un champ ondoyant. La composition est construite en bandes : au premier plan, l’herbe haute où s’inscrivent les figures ; au second plan, une lisière arborée et quelques maisons esquissées ; au-dessus, un ciel gris-bleu légèrement tourmenté. L’horizon est haut, laissant au champ la quasi-totalité de la surface picturale.

La matière est posée en gestes visibles, parfois spiralés, donnant au paysage une impression de mouvement continu. Les coquelicots, rouges éclatants, ponctuent l’herbe et créent une pulsation chromatique qui guide le regard. Les silhouettes, larges et charnelles, ne sont pas détaillées anatomiquement : elles existent par masses colorées, légèrement fondues dans le paysage, comme prises dans la même vibration que les herbes.

La palette privilégie une gamme de verts multiples, traversée d’ocres et de beiges rosés pour les figures ; les rouges des fleurs jouent le rôle d’accents structurants. La lumière est diffuse, sans ombres portées nettes : elle sert à séparer les plans plus qu’à dramatiser la scène. Les arbres et le ciel, travaillés en touches plus chargées, ferment le haut du tableau et renforcent la sensation d’air lourd, de temps couvert.

Analyse comparative / corpus voisin

Cette toile se rattache au versant rural et lumineux du début des années 1930, où Breuillaud traite le champ comme un espace de rythme : montée du terrain, échelles décroissantes, alternance des masses et des points d’arrêt figuratifs. Elle prolonge des recherches engagées dans des scènes de campagne antérieures, tout en annonçant un désir de synthèse : figures simplifiées, organisation par bandes, et attention accrue à la structure du paysage.

À distance, on peut y lire des parentés de sensibilité avec une tradition post-impressionniste (mouvement de la touche, lumière diffuse) et, plus ponctuellement, avec une approche de type Bonnard/Sisley pour la chaleur des accords et la manière de laisser les contours respirer.

Justification de datation et d'attribution

La datation 1934 est tenue pour certaine. Elle est cohérente avec la matière encore libre, l’absence de rigidification géométrique plus tardive, et la palette de plein air où la lumière diffuse organise les plans. L’indication de circulation en exposition parisienne renforce l’ancrage de l’œuvre dans le contexte des années 1930.

Provenance / expositions / publications

Vente publique : Hôtel Drouot, Paris, 26 novembre 2025 (Pescheteau-Badin, lot 103).

Étiquette d’exposition : Robinot Frères & Cie (Paris).

Collection privée.

© Bruno Restout – Catalogue raisonné André Breuillaud