Fiche technique
- Titre : Portrait d’homme au costume bleu
- Date : 1952
- Technique : Huile sur toile
- Dimensions : 65x54
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
Cette œuvre appartient à un moment où Breuillaud assume un langage moderniste :
Construction par plans plutôt que modelé classique ;
Contraste chaud/froid (incarnat rosé contre bleus profonds, verts acides, mauves) ;
Fond actif, non décoratif : le décor devient une charpente picturale, presque un “contre-portrait” qui révèle l’état intérieur plus qu’un lieu réel ;
Écriture de la matière lisible (brossage, superpositions), mais tenue : l’effet final vise une clarté structurée, pas l’empâtement spectaculaire.
Le portrait se lit ainsi comme une figure prise dans son époque : ni académique, ni dissolue, mais recomposée, stabilisée par une géométrie souple. On y sent une volonté de tenir ensemble la présence humaine et la liberté chromatique.
Contexte et portée
Datée de 1952, l’œuvre s’inscrit dans l’après-guerre, période où de nombreux peintres reviennent au portrait tout en conservant les acquisitions de la modernité (planéité, fragmentation, autonomie de la couleur). Chez Breuillaud, cette tension devient un principe : l’identité n’est plus seulement un visage ressemblant, mais une structure, un équilibre entre forces colorées.
Le réemploi du support (verso “Homme au béret”) est un indice précieux : il témoigne d’un atelier où la toile circule, où une image peut en recouvrir une autre — et où, symboliquement, un portrait en contient un second, plus ancien, comme une mémoire matérielle.
Description plastique / stylistique
Le tableau présente un portrait en buste, frontal mais légèrement animé par l’inflexion du regard et une asymétrie discrète des épaules. Le personnage, vêtu d’un costume bleu et d’une cravate sombre, se détache sur un fond compartimenté : des plages vertes, turquoise, mauves et ocres s’assemblent en une architecture de plans et d’arcs, comme un paysage ou une structure mentale recomposée.
Le visage est traité en volumes géométrisés : angles du front, pommettes posées en aplats, ombres froides, rehauts chauds. Les yeux bleus, intensément fixés, donnent la tension psychologique de l’ensemble ; ils jouent comme un point d’ancrage dans une composition où tout tend vers la construction.
Analyse comparative / corpus voisin
Sans la rattacher à une œuvre précise (en l’absence d’un corpus comparatif ici), on peut situer ce portrait :
Plus construit et plus “architecturé” que les portraits naturalistes ou post-impressionnistes ;
Moins abstrait qu’une composition purement non figurative : la figure reste souveraine ;
Typique d’une synthèse : modernité du fond et de la découpe, maintien d’une présence humaine lisible.
Justification de datation et d'attribution
Attribution : certaine (signature)
Datation : certaine (date portée “52”, cohérente avec le vocabulaire plastique)
Support : toile sur châssis ; réemploi d’une toile plus ancienne
Verso : présence d’une ancienne toile signalée comme “Homme au béret” (œuvre antérieure sur support réutilisé)
Provenance / expositions / publications
Vente publique : Paris, Blanchet, 11/10/2010 (catalogue de vente)
Puis : collection particulière
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
