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La ruelle (II) (1956)

AB-MP4-1956-005 La ruelle (II)

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Au milieu des années 1950, Breuillaud développe un ensemble d’images urbaines où la rue, le passage et la façade deviennent des prétextes à une construction par verticales, aplats et rythmes de fenêtres. « La ruelle (II) » s’inscrit dans cette veine : l’artiste y poursuit la transformation du motif architectural en un agencement de plans autonomes, tout en conservant une mémoire de la profondeur et de la traversée. Le support en carton, fréquent dans ses études et variations, suggère une exécution rapide mais pensée, permettant d’expérimenter des rapports chromatiques et des équilibres de masses.

Description plastique / stylistique

La composition verticale évoque un couloir ou un étroit passage encadré par des parois colorées. Les éléments bâtis — murs, seuils, ouvertures — sont réduits à des rectangles et bandes superposés ; des lignes plus sombres, parfois très fines, servent de repères structuraux et de « montants » qui guident la lecture. La gamme privilégie des verts, bleus et roses sourds, avec des rehauts plus clairs qui suggèrent une source lumineuse au fond de la ruelle. Malgré la simplification, le tableau conserve une sensation de profondeur : l’empilement des plans et le jeu des transparences créent une progression vers un centre plus lumineux.

Analyse comparative / corpus voisin

Par son thème et son format, « La ruelle (II) » dialogue avec d’autres interprétations de la ville chez Breuillaud, notamment les variations sur les rues et passages de 1955–1956 (dont certaines compositions de « ruelles » et « rues »). Comparée aux scènes de marché ou aux compositions plus figuratives de l’après‑guerre, l’œuvre accentue la réduction des volumes en modules colorés. À l’inverse des recherches de mouvement pur (rotations, tourbillons), ici le rythme est principalement vertical et architectural : la « colonne » de plans construit l’espace comme une cadence de façades.

Justification de datation et d'attribution

La date 1956 est confirmée par la cohérence stylistique avec les études urbaines de la même période : simplification en aplats géométrisés, verticalité structurante, palette de verts et de bleus nuancés par des tons rosés. La signature de Breuillaud apparaît en bas à droite, en rouge, conforme à ses habitudes sur cartons et huiles de ces années. Le titre et le traitement du motif (ruelle/passage) correspondent à un thème récurrent attesté dans son corpus.

Provenance / expositions / publications

Provenance : Collection privée.

Expositions : Non renseignées.

Publications : Non renseignées.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud