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La ruelle bleue (1955)

AB-MP4-1955-006 La ruelle bleue

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Au milieu des années 1950, André Breuillaud intensifie ses recherches autour d’un paysage de plus en plus « construit » : le motif se raréfie, mais demeure sous forme d’indices d’architecture, de seuil, de passage. Cette période voit se développer une peinture de structure, où l’espace est pensé comme un assemblage de plans plutôt que comme une perspective classique.

Ruelle bleue s’inscrit dans cet élan : l’évocation urbaine, suggérée par le titre, sert surtout de prétexte à une orchestration de verticales, de pans et de contre-formes. La gamme froide (bleus, turquoise, verts) apparaît comme un laboratoire chromatique qui prépare les œuvres plus architecturées de 1956.

Description plastique / stylistique

La composition est dominée par un réseau de rectangles et de barres verticales qui créent l’impression d’un couloir ou d’une rue étroite. Au centre, une zone plus claire agit comme un point de respiration : elle attire l’œil et organise la circulation du regard, comme une ouverture au fond d’un passage.

Les couleurs se superposent par nappes légèrement translucides, laissant percevoir des reprises et des repentirs. Les bleus profonds structurent l’ensemble, tandis que des accents plus chauds (orangés, rouges atténués) viennent ponctuer certains plans, évitant la monochromie. Le pinceau reste visible : il donne à la surface une vibration qui humanise la géométrie.

Analyse comparative / corpus voisin

Par sa construction en plans emboîtés, l’œuvre se rapproche des compositions « bleues » de la même période, où l’idée de ville ou d’architecture est filtrée par une logique de mosaïque. Le format relativement ample permet ici une multiplication de seuils visuels : portes, murs, piliers deviennent des rythmes picturaux.

On peut aussi y voir une articulation entre deux directions du corpus : d’une part, les paysages encore lisibles des premières années 1950 ; d’autre part, les abstractions plus strictes de 1956, où la couleur se restreint au profit des valeurs et de l’ossature. Ruelle bleue se situe à un point d’équilibre : le monde sensible n’est plus représenté, mais il demeure perceptible comme souvenir spatial.

Justification de datation et d'attribution

La datation vers 1955 est cohérente avec la palette froide dominante et avec la manière de construire l’espace par grands plans rectangulaires superposés, typiques de la phase de transition entre paysage et abstraction architecturée.

La signature « Breuillaud » est visible en bas à droite sur la reproduction, et l’écriture picturale (trait de contour discret, aplats vibrants, reprises visibles) correspond au vocabulaire formel de l’artiste dans ces années.

Provenance / expositions / publications

Provenance : non documentée à ce jour (œuvre probablement conservée dans un ensemble privé ou issue de l’atelier).

Expositions : non recensées.

Publications : non recensées.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud