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Non titré (1950)

AB-MP2-1950-017 Non titré

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Cette composition appartient aux recherches provençales de Breuillaud autour de 1950, lorsque le paysage n’est plus seulement un motif descriptif mais un terrain d’expérimentation sur la structure des plans et la mise en rythme des formes.

Le thème de la cueillette (probablement des olives) permet d’introduire des gestes répétitifs et des postures inclinées, qui dialoguent avec la ramification des arbres et avec le relief en arrière-plan.

Description plastique / stylistique

Au premier plan, plusieurs oliviers stylisés sont construits en volumes polygonaux ; leurs troncs sinueux forment une armature sombre qui découpe le champ en facettes.

Trois silhouettes occupent l’espace de la récolte : deux figures courbées, proches du sol, et une figure en hauteur sur une échelle, comme suspendue au milieu des feuillages. Les têtes sont réduites à des aplats clairs et les vêtements à des masses compactes (bleu, noir), sans détail anecdotique.

La terre, largement orangée, contraste avec les verts bleutés du couvert végétal ; à l’horizon, les collines rouges et violettes ferment la scène, tandis que le ciel en bande bleue stabilise la composition.

La touche est plutôt lissée et posée par plages ; l’énergie provient surtout des contours et de l’emboîtement des surfaces, dans une logique de « mosaïque ».

Analyse comparative / corpus voisin

Par sa construction en plans imbriqués et sa palette chaude/verte, l’œuvre se rapproche des paysages provençaux datés vers 1950 dans la série PR2, où l’olivier devient un motif structurant (tronc en arabesque, feuillage en masses géométriques).

Le dispositif « figure + arbre » (postures inclinées, action de cueillir) renvoie à plusieurs scènes paysannes du corpus, où Breuillaud utilise le travail rural comme prétexte à une mise en cadence de silhouettes simplifiées.

Justification de datation et d'attribution

La palette (oranges terreux, verts bleutés, violets), la simplification des figures et la spatialité par facettes correspondent à l’étape provençale de 1950, lorsque l’artiste intensifie la synthèse entre décor naturel et construction quasi cubiste.

L’attribution est cohérente avec l’écriture de Breuillaud : contours structurants, formes « découpées » et hiérarchie nette des plans, sans recherche d’illusionnisme.

Provenance / expositions / publications

• Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud