Fiche technique
- Titre : Le mistral
- Date : 1956
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 73x92 cm
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
1956 marque, dans le corpus d’André Breuillaud, une étape de synthèse où le vocabulaire cubisant des années précédentes se libère de plus en plus du motif descriptif. Au lieu de « représenter » un sujet, l’artiste cherche à traduire des états — souffle, déplacement, poussée, turbulence — par l’organisation même des plans colorés. Le titre, « Le mistral », renvoie ainsi moins à un paysage qu’à une sensation : la dynamique du vent devient un principe de construction. Dans ce contexte, Breuillaud privilégie des dispositifs d’ensemble (ovales, tourbillons, diagonales) capables de porter la composition sur toute la surface et d’unifier la toile en un mouvement continu.
Description plastique / stylistique
La toile s’organise autour d’une vaste forme elliptique qui encadre et canalise le regard. À l’intérieur, des rubans et segments imbriqués, aux contours nettement soulignés, composent une « mécanique » de courbes et de contre‑courbes. La palette, dominée par un fond chaud orangé, est traversée de verts, d’ocres et de violets, avec des zones de transition où les couleurs se fondent en glacis ou en frottis plus légers. Les masses s’articulent par juxtapositions de plans et par des traits sombres qui jouent le rôle de charnières : ils découpent, accélèrent, et donnent au tableau sa vibration rythmique. L’ensemble évoque un souffle circulaire, comme si la matière picturale était prise dans une rafale.
Analyse comparative / corpus voisin
« Le mistral » appartient à une suite de compositions de mouvement où Breuillaud exploite le motif de la rotation et du balancement des formes. On retrouve des équivalents de ce cadrage elliptique et de ces enroulements dans des œuvres proches par le rythme, telles que « Chanson russe » (AB-MP1-1956-002) ou « Mouvement n°1 » (AB-MP1-1956-001), ainsi que dans les recherches ultérieures explicitement centrées sur la rotation (« Rotation », AB-MP2-1957-003). Par rapport aux compositions urbaines contemporaines (portes, ruelles, quais), ici la structure se détache de la référence architecturale : la sensation prime, et la géométrie sert surtout à inscrire le mouvement dans un espace continu.
Justification de datation et d'attribution
La datation en 1956 est cohérente avec la phase de recomposition et de dynamisation des plans observée dans plusieurs huiles de la même année (structures elliptiques, diagonales d’entraînement, palette chaude rehaussée de verts). L’œuvre porte la signature de Breuillaud (en bas à droite, en rouge), conforme à ses usages de cette période. La présence de l’œuvre dans le Catalogue Pillement (1967) constitue un jalon documentaire supplémentaire pour l’attribution au peintre.
Provenance / expositions / publications
Provenance : Collection privée.
Publications : Reproduit dans Catalogue Pillement, 1967.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
