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La ruelle (1956)

AB-MP1-1956-001 La ruelle

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1956, Breuillaud accentue une orientation plus austère et plus architecturée de sa peinture. Après les compositions « bleues » de 1955, la couleur se restreint et laisse la place à un travail de valeurs : gris, blancs cassés, noirs, avec parfois quelques teintes très atténuées.

Ce tournant ne signifie pas une rupture radicale, mais une concentration : la peinture s’attache à organiser l’espace comme un assemblage de murs, de passages et de volumes, où le regard circule par paliers. L’œuvre devient un lieu mental, construit par plans, plus qu’un paysage identifié.

Description plastique / stylistique

Formes grises présente une composition faite de grands panneaux rectangulaires, empilés et chevauchés. Une zone centrale plus claire agit comme un foyer lumineux, autour duquel se distribuent des masses grises plus denses. Le contraste n’est pas violent : il se joue par nuances, ce qui crée une profondeur douce, presque atmosphérique.

Les bords des formes ne sont pas uniformes : ils se dissolvent parfois, comme si les plans glissaient les uns sur les autres. La surface laisse apparaître des frottements et des reprises, suggérant une construction progressive. L’ensemble combine stabilité (verticales, aplats) et mobilité (décalages, superpositions).

Analyse comparative / corpus voisin

Cette toile se situe au cœur d’un ensemble de recherches où l’architecture est moins un sujet qu’une logique de composition. Par rapport aux œuvres de 1955, la couleur cesse d’être le moteur principal : elle devient un simple support de valeurs. Cette économie renforce la sensation de structure.

Formes grises peut être rapprochée de Les Murs (1956) et de Soirée brûlante (1956) par la même volonté d’organiser un espace fragmenté, presque construit comme une maquette. Elle annonce également les compositions plus verticales et plus « murales » qui apparaissent ensuite, où la toile se lit comme une façade recomposée.

Justification de datation et d'attribution

La datation 1956 est cohérente avec l’abandon des gammes bleues saturées au profit d’une palette de gris et de blancs cassés, ainsi qu’avec la structure par panneaux superposés, typique de cette séquence.

La signature n’est pas lisible sur la reproduction fournie ; néanmoins, l’attribution repose sur la cohérence stylistique avec les œuvres datées de la même période et sur le vocabulaire formel récurrent (plans emboîtés, valeurs nuancées, construction progressive par reprises).

Provenance / expositions / publications

Provenance : non documentée à ce jour.

Expositions : non recensées.

Publications : non recensées.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud