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Le Barroux vu de Caromb (1945)

AB-GU-1945-004 Le Barroux vu de Caromb

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Cette vue du Barroux, prise depuis Caromb, s’inscrit dans le travail de plein air d’André Breuillaud au sortir de la guerre, lorsque le peintre revient avec insistance aux paysages du Vaucluse. Le motif provençal – villages perchés, reliefs en gradins, lignes de crêtes – lui permet d’articuler architecture et géologie dans une même construction picturale.

Au milieu des années 1940, ces paysages témoignent d’une recherche d’équilibre entre observation directe et synthèse, avec un goût marqué pour les accords de tons chauds et les contrepoints bleu-violet des lointains.

Description plastique / stylistique

La composition est organisée en plans superposés : au premier plan, une masse de murs et de toitures ocre-jaune sert d’assise, comme un promontoire ; au centre, le village se déploie en volumes simples, soulignés par des rehauts clairs ; au fond, les collines s’étagent en bandes bleu ardoise et violacées sous un ciel largement brossé.

La matière est généreuse, parfois en empâtements, et la touche reste lisible : elle module les façades, accroche les arêtes et fait vibrer les zones d’ombre. Les verts sombres des arbres et des bosquets découpent les formes bâties, tandis que les oranges et les roses des tuiles assurent la chaleur dominante de la scène.

Analyse comparative / corpus voisin

Le tableau se rattache aux vues de villages et de collines réalisées par Breuillaud en Provence et dans le Comtat Venaissin, où l’on retrouve la même méthode de construction par aplats et volumes simplifiés, ainsi qu’un lointain traité en strates colorées.

Le motif du village perché, pris en surplomb, rejoint d’autres compositions où l’artiste oppose la géométrie des toits au mouvement plus souple de la végétation, cherchant une synthèse entre structure et sensation.

Justification de datation et d'attribution

La facture – alternance de plans construits et de touche apparente – correspond aux paysages provençaux de la période de la Libération et de l’immédiat après-guerre. La palette, fondée sur les ocres et les bleus sourds, renforce cette datation autour de 1945.

L’attribution est confortée par la présence d’une signature peinte en bas à gauche, ainsi que par des procédés caractéristiques (mise en place par masses, rehauts lumineux sur les arêtes, lointains en bandes).

Provenance / expositions / publications

Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud