Fiche technique
- Titre : Le hameau
- Date : 1945 (circa)
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 50 x 65 cm
- Localisation : Collection privée *
Contexte biographique / historique
Vers 1945, Breuillaud multiplie les vues de chemins et de rues de village, motifs simples qui lui permettent d’articuler observation du réel et construction picturale. Le chemin devient un sujet à part entière : il guide le regard, mais évoque aussi l’idée de parcours et de reprise d’une vie ordinaire après la rupture des années précédentes.
Cette scène, sans titre, s’inscrit dans cette veine de paysages habités par l’architecture quotidienne : murs, haies, toits et arbres composent un décor familier plutôt qu’un panorama.
Description plastique / stylistique
Une route claire serpente au milieu des masses vertes et conduit vers un ensemble de maisons. Les arbres, traités en grands volumes, encadrent la perspective et servent de charpente visuelle. La présence d’un personnage sur le bord du chemin introduit une échelle et une note narrative discrète.
La touche, visible, travaille la lumière en juxtaposant des verts froids et des ocres chauds. Les plans sont simplifiés, mais la scène garde une grande lisibilité grâce à la hiérarchie des formes : route, murs, feuillages, bâti.
Analyse comparative / corpus voisin
Dans le corpus des paysages de village de Breuillaud, ce type de composition — route en courbe, masses arborées latérales, construction en diagonales — revient fréquemment. Il permet à l’artiste de concilier une sensation d’instantanéité (touche libre) et une organisation solide de la profondeur.
Comparée aux scènes rurales avec charrette ou figures de travail, cette œuvre met davantage l’accent sur l’architecture et sur la relation entre le chemin et le bâti. La route joue ici le rôle de lien, unissant les différents éléments du village et animant l’espace.
Justification de datation et d'attribution
La datation vers 1945 est compatible avec une palette éclaircie, une facture plus ample et une volonté de rendre l’atmosphère par grands passages colorés. Le traitement des feuillages en masses, et l’équilibre entre verts, ocres et bleus, correspondent à ses paysages de l’après-guerre.
L’attribution à André Breuillaud se fonde sur la manière d’installer la perspective par une route sinueuse, sur l’économie de détail au profit de volumes colorés, et sur le sens du rythme donné par les arbres et les murs.
Provenance / expositions / publications
Collection privée *
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
