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Le clocher de Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux (1945)

AB-GU-1945-002 Le clocher de Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Datée de 1945, cette vue de Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux s’inscrit dans le regain d’activité picturale de l’après-guerre, lorsque Breuillaud retrouve des sujets de proximité : villages, berges, ponts, et silhouettes d’architecture familières. Le motif du clocher, repère dans le paysage, fonctionne ici comme point d’ancrage et signe d’un lieu.

La présence des embarcations suggère un environnement fluvial et rappelle l’attention de l’artiste aux scènes de port et de rivière, où l’ordinaire — barques, coques, mâts — devient matière à composition.

Description plastique / stylistique

Le tableau juxtapose une bande d’eau et un quai animé de bateaux au premier plan, tandis qu’au second plan s’élèvent des maisons aux toits rouges et le clocher, vertical, qui domine l’ensemble. Les mâts répétés dessinent une grille rythmique opposée à l’horizontalité de la rive.

La peinture procède par masses colorées franches : ocres et rouges pour l’architecture, bleus et verts pour l’eau et les ombres. Le dessin reste perceptible, mais intégré à la touche, ce qui confère à la scène une vibration et une lisibilité immédiates.

Analyse comparative / corpus voisin

L’œuvre se rattache au corpus des ports, marines et vues de berges de Breuillaud, où la verticalité des mâts sert de contrepoint à la ligne d’eau. On y retrouve sa méthode de construction par blocs chromatiques : les bateaux sont traités comme des formes pleines, tandis que l’eau devient un champ de variations.

Par rapport à des vues urbaines plus atmosphériques, cette composition accentue la densité du motif : l’espace est resserré et la répétition des mâts installe un rythme proche de celui de ses scènes de barques des années 1940.

Justification de datation et d'attribution

La date de 1945 est cohérente avec la facture souple et l’équilibre recherché entre spontanéité et construction. La palette, plus franche, met en évidence les contrastes entre tons chauds (ocres, rouges) et tons froids (bleus, verts), caractéristique de ses paysages de l’immédiat après-guerre.

L’attribution à André Breuillaud s’appuie sur des constantes stylistiques : simplification géométrique des volumes, manière de structurer l’espace par de grandes diagonales et par la répétition de verticales, ainsi que l’intégration du dessin à la touche.

Provenance / expositions / publications

Collection privée *

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud