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Paysage champêtre (1942)

AB-GU-1942-016 Paysage champêtre

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Vers 1942, Breuillaud revient volontiers à des scènes rurales où la vie quotidienne — chemins, cultures, charrettes, silhouettes au travail — devient un sujet en soi. Dans un contexte troublé, ces motifs agraires ont aussi valeur de refuge : ils ancrent l’image dans une continuité des gestes et des saisons.

Le tableau témoigne d’un regard porté sur la campagne comme théâtre d’une sociabilité modeste. La présence de figures, loin de l’anecdote, introduit une échelle humaine qui mesure l’étendue du champ et la profondeur du ciel.

Description plastique / stylistique

Un chemin clair traverse le paysage en diagonale et s’enfonce entre deux bandes de blé, ponctuées de touches rouges et bleues évoquant coquelicots et fleurs de bordure. Au loin, un petit groupe accompagne une charrette ; la scène est encadrée par de grands arbres dont la masse sombre équilibre l’ouverture du ciel.

La construction repose sur des aplats et des touches nerveuses : les herbes sont traitées par stries verticales, tandis que le ciel se déploie en larges passages gris et bleutés. Les couleurs sont volontairement simplifiées, mais dynamisées par des accents vifs qui scandent le premier plan.

Analyse comparative / corpus voisin

Cette œuvre appartient au corpus des « chemins » et « champs » de Breuillaud, où la diagonale sert de fil conducteur et organise la profondeur. On y retrouve sa manière de condenser le motif en masses chromatiques : un grand arbre, une bande de blé, une trouée de chemin, plutôt qu’une description détaillée du terrain.

Par rapport à des paysages sans figures, l’introduction de la charrette et des silhouettes apporte un rythme narratif discret. La scène se lit comme une progression dans l’espace, proche des compositions où l’artiste juxtapose nature et présence humaine pour accentuer la sensation de parcours.

Justification de datation et d'attribution

La datation vers 1942 est compatible avec la facture synthétique et la palette à dominante de verts et d’ocres, rehaussée d’accents rouges. Le traitement du champ en stries et du ciel en passages larges correspond à une pratique où l’effet atmosphérique est recherché sans surcharge de détail.

L’attribution à André Breuillaud repose sur la construction par diagonales, la simplification des formes en volumes colorés, et la qualité du trait qui dessine les troncs et les silhouettes par quelques lignes fermes, caractéristiques de sa manière dans les scènes de plein air.

Provenance / expositions / publications

Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud