Fiche technique
- Titre : Sous-bois
- Date : 1941 (circa)
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 65x55
- Localisation : Collection privée *
Contexte biographique / historique
Dans les années 1940, Breuillaud consacre une part importante de son travail à l’étude des motifs naturels : sous-bois, lisières, troncs, talus et chemins. Ces sujets, souvent traités sur le vif, lui permettent d’explorer la densité de la matière picturale et la construction de l’espace par plans successifs.
Réalisée en 1941, cette étude s’inscrit dans une recherche de rythmes internes : verticales des arbres, diagonales des terrains, et alternance de zones sombres et lumineuses.
Description plastique / stylistique
Le premier plan est occupé par un tas de bois, un amas de troncs et de branches, traités par empâtements et touches brisées. Les formes s’emboîtent, créant une barrière organique qui retient le regard avant de l’entraîner vers le centre de la composition.
Au-delà, le sous-bois se déploie en une mosaïque de verts, de bruns et d’ocre, où les arbres s’élancent en verticales irrégulières. La lumière est filtrée : elle apparaît par plages diffuses sur le sol et par quelques éclaircies dans le feuillage, sans source unique. La touche, tantôt grasse, tantôt plus sèche, rend les variations de texture – écorces, mousses, herbes – et donne à l’ensemble une vibration continue.
Le cadrage, serré, évite l’horizon : l’espace se construit par profondeur atmosphérique et par chevauchement des masses, dans une logique presque tactile.
Analyse comparative / corpus voisin
Le traitement du sous-bois rapproche cette œuvre des études de paysages de Breuillaud où la nature devient un champ d’expérimentation picturale. On y retrouve son goût pour les oppositions de valeurs (noirs et bruns profonds contre verts lumineux) et pour les compositions sans anecdote, centrées sur la structure.
Par rapport à ses vues plus ouvertes (villages, collines, oliveraies), cette peinture privilégie la densité : le motif est rapproché, la matière s’épaissit, et la sensation de profondeur naît davantage de la superposition des plans que d’une perspective linéaire.
Justification de datation et d'attribution
La datation en 1941 est compatible avec une facture plus concentrée et une palette légèrement assourdie, caractéristique des paysages de cette période. L’attribution à André Breuillaud s’appuie sur sa manière de construire le végétal par touches larges et rythmiques, et sur l’équilibre entre observation et simplification. La signature peinte, si elle est parfois discrète sur ce type d’étude, n’est pas indispensable pour reconnaître cette cohérence de main.
Provenance / expositions / publications
Collection particulière *
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
