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Non titré (1940)

AB-GU-1940-028 Non titré

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Cette vue d’un mas au pied d’un relief s’inscrit dans la veine méridionale de Breuillaud, où l’artiste cherche à traduire la clarté du Midi par des rapports de couleurs nets. Au début des années 1940, le paysage reste pour lui un champ d’expérimentation : la scène observée sert de point de départ à une construction qui vise la lisibilité des masses et la stabilité des accords chromatiques.

Le motif de l’olivier, arbre emblématique des paysages provençaux, fournit ici un signe immédiat de localisation culturelle, même lorsque le lieu exact n’est pas établi. Il permet aussi de mettre en jeu, dans un même tableau, la souplesse du végétal et la géométrie du bâti.

Description plastique / stylistique

La composition est structurée par un premier plan en pente douce, occupé par un grand olivier dont le tronc sombre et les branches rougeoyantes se détachent sur un sol clair. Au centre, un groupe de bâtiments aux façades ocre-rosées forme une masse stable, tandis qu’à droite se dressent des cyprès très noirs, verticales qui accentuent la profondeur.

À l’arrière-plan, une montagne aux arêtes simplifiées se déploie sous un ciel d’un bleu intense. La palette associe des bleus profonds, des verts bleutés, des ocres et des roses, avec des transitions franches. La touche, relativement épaisse, laisse apparaître la matérialité de la peinture et renforce la sensation de lumière par contrastes.

Analyse comparative / corpus voisin

L’œuvre se rattache aux paysages du Midi de Breuillaud, où l’artiste combine souvent un arbre en premier plan, un mas ou un village au centre, et une ligne de collines en arrière-plan. Ce schéma, proche de la tradition du paysage construit, est toutefois dynamisé par une touche nerveuse et par des accords colorés audacieux.

Par rapport à des vues plus atmosphériques, ce tableau privilégie la clarté des plans et la force des oppositions : cyprès noirs contre ciel bleu, façades chaudes contre ombres froides. Le traitement synthétique du relief rappelle également ses compositions où la montagne devient une forme presque architecturale.

Justification de datation et d'attribution

La datation vers 1940 est compatible avec la facture : empâtements visibles, dessin intégré à la touche, et construction du paysage par grands plans colorés. La simplification des volumes du mas et du relief, ainsi que l’emploi d’une palette saturée mais contrôlée, correspondent à une phase où Breuillaud cherche une synthèse entre spontanéité et architecture de la composition.

L’attribution est confirmée par la signature visible en bas à droite et par des constantes stylistiques : arbre traité en masse structurante au premier plan, contraste chaud/froid, et organisation de l’espace par plans successifs sans recours marqué à la perspective linéaire.

Provenance / expositions / publications

Collection privée

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud