Fiche technique
- Titre : Bretagne
- Date : vers 1940
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 33 x 41 cm
- Localisation : Collection privée *
Contexte biographique / historique
Au début des années 1940, Breuillaud alterne des motifs d’intérieur et des vues de plein air, souvent centrées sur la présence de l’eau : rivières, étangs, anses ou rivages. Ces paysages permettent d’explorer des rapports de valeurs et de reflets, et d’opposer la stabilité des masses terrestres au mouvement de la surface liquide.
Dans cette scène, le peintre privilégie une atmosphère retenue, presque orageuse. Le choix d’un ciel chargé et d’une palette assourdie inscrit l’œuvre dans une veine plus grave, où la sensation météorologique devient un élément de composition à part entière.
Description plastique / stylistique
La composition juxtapose une large étendue d’eau au centre et des rives rocheuses au premier plan. À droite, un groupe d’arbres courbés se détache sur le ciel ; à gauche, une masse sombre ferme la scène et guide le regard vers le lointain. L’horizon bas, barré par des tonalités grises, renforce la sensation d’un temps couvert.
La matière picturale est dense par endroits, notamment dans les zones de terre et de rochers, où des empâtements donnent du relief. L’eau est traitée en touches plus horizontales, modulées de verts bleutés et de gris, avec des éclaircies qui suggèrent des remous ou des reflets. Une construction par grandes masses domine, sans détail superflu.
Analyse comparative / corpus voisin
L’œuvre s’inscrit dans le corpus des paysages d’eau de Breuillaud, où l’artiste oppose fréquemment un plan liquide central à des rives structurantes. On retrouve son procédé de simplification : les éléments naturels sont réduits à des volumes lisibles, tandis que la variation des touches suffit à exprimer la texture des surfaces.
Par rapport à des marines plus lumineuses et ouvertes, ce tableau privilégie l’intimité d’une anse ou d’un bras d’eau, et une dramaturgie de ciel. La présence d’une construction discrète au bord de la rive, à peine indiquée, rappelle aussi ses paysages où l’habitat intervient comme repère humain, sans devenir le sujet principal.
Justification de datation et d'attribution
La datation vers 1940 est compatible avec la touche et la palette : emploi de valeurs assourdies, organisation de l’espace par masses compactes, et traitement du ciel en larges balayages. La manière de suggérer l’eau par des touches horizontales courtes, contrastant avec les empâtements de la rive, correspond à une pratique que l’on observe chez Breuillaud dans ses paysages de cette période.
L’attribution est confirmée par la signature visible en bas à droite, ainsi que par les constantes stylistiques : simplification géométrique des masses, recherche d’un équilibre entre rythme linéaire (arbres) et aplats (eau, ciel), et priorité donnée à l’atmosphère.
Provenance / expositions / publications
Collection privée *
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
