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Maison au toit rouge derrière les arbres (1940)

AB-GU-1940-021 Maison au toit rouge derrière les arbres

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Cette petite huile sur carton illustre le goût de Breuillaud pour les motifs modestes et quotidiens, saisis dans une proximité presque intime. Les années 1940 voient se multiplier chez lui ces formats maniables, propices à des études rapides, réalisées sur le motif ou à partir d’observations directes, et conservant la mémoire d’une lumière précise.

Le sujet, une maison au toit rouge entre des arbres dépouillés, associe le paysage rural à une réflexion sur le cadrage. Le peintre ne cherche pas la vue panoramique ; il choisit au contraire un point de vue entravé, comme si le regard devait se frayer un passage entre les troncs.

Description plastique / stylistique

L’espace est construit en superposition : au premier plan, de grands fûts verticaux et des branches nerveuses découpent la scène ; au centre, la maison s’affirme par le triangle chaud de sa toiture ; à l’arrière-plan, des volumes plus sourds suggèrent d’autres bâtiments et la continuité du terrain.

La touche est franche, parfois abrasive, et privilégie les contrastes. Les troncs sont traités par bandes vertes, brunes et grisées, tandis que la toiture capte la lumière en orangés et rouges. L’ensemble conserve une part de dessin visible, notamment dans le réseau des branches, qui dynamise la surface et donne à la scène une énergie presque graphique.

Analyse comparative / corpus voisin

Le motif du bâti vu à travers les arbres apparaît à plusieurs reprises dans l’œuvre de Breuillaud, comme un exercice de composition où la nature sert de cadre. La présence d’un écran de troncs permet de jouer simultanément sur la profondeur et sur la planéité : la scène s’organise comme une succession de plans, mais le réseau linéaire au premier plan ramène constamment le regard à la surface.

Comparée à des paysages plus lumineux du Midi, cette étude privilégie des tonalités plus terriennes et une lumière moins éclatante. Elle se rapproche, par son économie de moyens et par la vigueur du trait, de ses études sur carton où l’artiste recherche une synthèse rapide, sans perdre la cohérence des masses.

Justification de datation et d'attribution

La datation vers 1940 s’accorde avec la technique sur carton et avec la facture : empâtements modérés, reprises visibles, et simplification des volumes architecturaux. La manière de traiter les arbres en larges bandes colorées, tout en conservant un dessin nerveux des branches, correspond à une phase où Breuillaud combine construction par masses et spontanéité du geste.

L’attribution est renforcée par la signature visible en bas à gauche, ainsi que par la cohérence stylistique : contraste chaud/froid, architecture réduite à des formes simples, et articulation de la profondeur par plans successifs.

Provenance / expositions / publications

Collection privée

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud