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Sinuosités (1940)

AB-GU-1940-020 Sinuosités

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Au tournant des années 1940, André Breuillaud maintient une pratique régulière du paysage, souvent d’après nature, qui lui permet de poursuivre son vocabulaire de formes malgré le contexte troublé. Ces vues de sous-bois et de chemins, à l’écart des scènes urbaines, témoignent d’une recherche de motifs proches, immédiatement disponibles, où l’observation lente du terrain remplace l’anecdote.

L’intérêt se porte ici sur la dynamique des troncs et sur la sensation de passage : le paysage n’est pas un décor mais un espace à traverser. Ce type de motif s’accorde avec une peinture de plein air attentive aux variations de lumière filtrée, et avec une économie de moyens qui privilégie la structure et la matière.

Description plastique / stylistique

La composition s’organise autour d’une allée sinueuse qui s’enfonce dans le sous-bois. Les arbres, inclinés et torsadés, forment une sorte de voûte irrégulière ; leurs fûts rythment l’espace en diagonales successives, comme si le chemin entraînait le regard par à-coups.

La palette associe des bruns chauds, des ocres et des verts sourds, rehaussés par quelques éclaircies plus froides dans le lointain. La touche, posée en nappes et en frottis, suggère la densité du sol et l’humidité des talus ; elle laisse affleurer le support par endroits, ce qui renforce l’impression de spontanéité et de travail direct.

Analyse comparative / corpus voisin

L’œuvre s’inscrit dans le corpus des paysages arborés de Breuillaud, où l’arbre devient un motif de charpente. On y retrouve une construction par masses, plutôt que par détail descriptif : le feuillage est traité en volumes, tandis que le sol est articulé par des bandes de couleur qui indiquent la pente et la profondeur.

Par rapport à des vues plus ouvertes (champs, villages ou rives), cette scène resserrée met l’accent sur le rythme des troncs et sur la sensation d’enveloppement. La simplification des formes, la vigueur des diagonales et la matérialité de la pâte rapprochent cette étude d’autres essais de la même période, où la composition prime sur l’inventaire du réel.

Justification de datation et d'attribution

La datation vers 1940 est compatible avec la facture : touche libre mais structurée, empâtements localisés dans les zones d’ombre, et organisation de l’espace par grands aplats modulés. La simplification des feuillages et la manière de modeler les troncs par contrastes chauds/froids correspondent à une pratique que l’on observe chez Breuillaud dans ses paysages du début des années 1940.

L’attribution s’appuie sur ces constantes stylistiques : préférence pour les diagonales, articulation du plan par bandes colorées, et recherche d’une profondeur construite sans perspective linéaire marquée. Aucune signature n’est nettement lisible sur la reproduction disponible, mais l’ensemble des critères formels demeure cohérent avec son corpus.

Provenance / expositions / publications

Aucune provenance, exposition ou publication n’est documentée à ce jour pour cette œuvre.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud