Fiche technique
- Titre : Paysage
- Date : 1940
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 38 × 46 cm
- Localisation : Collection particulière
Contexte biographique / historique
Ce « Paysage » au pastel, daté de 1940, s’inscrit dans la veine plus intime des études de campagne de Breuillaud. L’artiste y observe un territoire ordinaire — un chemin, une parcelle labourée, une lisière d’arbres — et en propose une traduction sensible, attentive aux saisons et aux changements de lumière. Le choix du pastel, médium à la fois rapide et nuancé, convient à ces notations prises sur le motif : il permet de capter des transitions délicates (ciels, lointains bleutés) tout en conservant une présence matérielle forte dans les rehauts et les frottis.
Description plastique / stylistique
La composition est organisée autour d’un chemin sinueux qui traverse l’avant-plan et conduit vers un groupe d’arbres dépouillés. À droite, la terre labourée est rendue par des stries obliques et des alternances de bruns, d’ocre et de gris violacé, tandis qu’à gauche un talus plus clair, ponctué de verts sourds, ouvre une respiration. Les arbres, aux troncs sombres et aux branches fines, se découpent sur un ciel pâle où se mêlent rosés, bleus et jaunes très dilués. La profondeur naît du contraste entre la matière plus appuyée du premier plan et la douceur des lointains, traités par dégradés. La touche au pastel, parfois frottée, parfois posée en traits nerveux, donne au paysage une vibration discrète, comme si l’air froid circulait entre les branches.
Analyse comparative / corpus voisin
Cette feuille se rapproche des paysages de chemin et de lisière réalisés par Breuillaud, où le parcours visuel est guidé par une courbe (route, sentier, rive) et où la structure du tableau repose sur quelques éléments stables : arbres, talus, horizon. Le traitement des labours, par hachures et superpositions, est également fréquent dans son corpus rural, car il permet d’inscrire immédiatement la saison et le travail de la terre. Comparée à ses vues méditerranéennes plus colorées, l’œuvre adopte une gamme plus douce et plus terreuse, centrée sur les beiges, les bruns et les bleus gris. Cette retenue chromatique renforce le caractère méditatif du motif, et fait du paysage un espace de silence plutôt qu’une scène narrative.
Justification de datation et d'attribution
La datation 1940 s’accorde avec l’économie générale de la composition et avec une palette volontairement restreinte, que l’on retrouve dans plusieurs études de campagne de la même période. Le pastel est utilisé de manière structurée : tracé du chemin, rythmes des labours, puis adoucissement progressif vers l’horizon, ce qui correspond à un langage déjà mûr chez l’artiste. L’attribution à André Breuillaud est confortée par la signature portée dans l’angle inférieur gauche. Elle l’est également par des constantes plastiques : simplification des masses, importance donnée au chemin comme vecteur de profondeur, et attention aux nuances du ciel, traité non comme un fond neutre mais comme un véritable champ de variations.
Provenance / expositions / publications
Collection particulière. La provenance antérieure et l’historique d’exposition ou de publication ne sont pas établis. Toute information (mentions manuscrites au dos, encadrement ancien, photographies, correspondance) pourrait contribuer à documenter la circulation de l’œuvre.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
