Fiche technique
- Titre : Port de Méditerranée
- Date : 1940
- Technique : Huile sur toile
- Dimensions : 38 × 46 cm
- Localisation : Collection particulière *
Contexte biographique / historique
Cette scène de port, datée de 1940, témoigne de l’attention constante de Breuillaud aux motifs maritimes, non plus sous l’angle du grand paysage ouvert, mais au plus près de l’activité des quais. Le « Port de Méditerranée » n’est pas présenté comme un lieu identifié, mais comme un type : une rade lumineuse, des barques serrées, des mâts qui coupent le ciel, et au loin la silhouette d’un bourg dominé par un clocher. Dans ces compositions, l’artiste met en jeu une peinture de plein air qui conserve la spontanéité de la première impression tout en assumant une construction solide de l’espace par la couleur.
Description plastique / stylistique
Au premier plan, la coque d’une embarcation et une voile inclinée créent une diagonale puissante qui entraîne le regard vers le centre du tableau, là où s’entrecroisent les mâts, les espars et les lignes de coques. La mer, traitée par empâtements courts et striés, varie du vert profond au bleu turquoise, avec des rehauts clairs suggérant un clapot régulier. Les barques sont peintes par aplats colorés (rouges, verts, blancs cassés) qui structurent la scène comme une mosaïque. À l’arrière-plan, la ville est volontairement simplifiée : un ensemble de volumes beiges et ocrés, surmontés d’un clocher, suffit à situer le port et à donner l’échelle. L’ensemble combine une touche libre et une organisation très lisible, où chaque couleur joue un rôle d’ancrage dans la composition.
Analyse comparative / corpus voisin
Le tableau s’inscrit dans le corpus des ports et marines de Breuillaud, où la verticalité des mâts sert de contrepoint à l’horizontalité de la ligne d’eau. On y retrouve une même méthode de construction par masses chromatiques : les coques sont traitées comme des formes pleines, tandis que l’eau devient un champ de variations, plus mobile et plus vibrant. Comparée à ses vues littorales plus atmosphériques, cette œuvre accentue la densité du motif : l’espace est resserré, et la scène gagne en rythme grâce à la répétition des mâts et à la superposition des barques. La palette, plus franche, annonce une veine méditerranéenne où la lumière met en évidence les contrastes entre tons chauds (ocres, rouges) et tons froids (bleus, verts).
Justification de datation et d'attribution
La date de 1940 est compatible avec la facture : empâtements visibles, dessin intégré à la touche, et recherche d’un équilibre entre spontanéité et construction. Le traitement du fond urbain — réduit à des blocs clairs — correspond à une pratique où l’artiste privilégie la lecture d’ensemble et réserve la complexité aux zones d’animation (barques, eau). L’attribution à André Breuillaud s’appuie sur des constantes stylistiques : simplification géométrique des architectures, emploi de couleurs rabattues mais saturées par endroits, et manière de structurer l’espace par de grandes diagonales. La signature visible dans l’angle inférieur droit confirme cette cohérence d’ensemble.
Provenance / expositions / publications
Collection particulière. À ce jour, aucune exposition, publication ou provenance antérieure n’a pu être rattachée de manière certaine à l’œuvre. Des recherches complémentaires pourraient être menées à partir d’étiquettes au revers, de photographies anciennes, ou de mentions dans des inventaires de collections privées.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
