Fiche technique
- Titre : Effets de pluie (Dinard)
- Date : 1940, vers
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 40 × 50 cm
- Localisation : Collection particulière *
Contexte biographique / historique
Cette vue de Dinard s’inscrit dans un ensemble de paysages littoraux où André Breuillaud explore les effets atmosphériques — brumes, crachins, averses passagères — davantage comme des phénomènes picturaux que comme un simple décor. À cette période, sa pratique de la gouache lui permet de travailler vite, par touches larges et reprises successives, en privilégiant l’impression d’ensemble et la vibration du temps qu’il fait. Le motif balnéaire, familier et immédiatement lisible, devient ici le support d’une recherche sur la lumière diffuse et sur la manière dont l’humidité décolore, adoucit et unifie les formes.
Description plastique / stylistique
La composition est construite en plans étagés : au premier plan, une frange de rochers et d’écume établit une base sombre et mobile ; au second plan, la mer s’ouvre, peuplée de voiliers au mouillage dont les mâts dessinent une fine ponctuation verticale ; au troisième plan, la falaise et les villas se détachent sous de grands arbres battus par le vent, puis le ciel bas referme la scène. La gouache est posée en couches mates, parfois semi-transparentes, mêlant verts grisés, mauves et bleus laiteux. Les contours se dissolvent volontairement : les maisons, à peine géométrisées, semblent apparaître à travers un voile humide. Les blancs — écume, toits, reflets — sont traités par réserves ou par rehauts, ce qui accentue l’idée de scintillement intermittent plutôt que de brillance franche.
Analyse comparative / corpus voisin
Le sujet et le traitement rapprochent cette feuille des marines et vues de station balnéaire réalisées par Breuillaud lorsque le temps devient un acteur principal du tableau. On retrouve la même économie de détails et le même intérêt pour les tonalités rabattues que dans d’autres « effets » (pluie, brouillard, ciel couvert), où la structure du paysage est maintenue mais volontairement adoucie. Par son organisation en bandes (rivage / mer / falaise / ciel), l’œuvre dialogue aussi avec son corpus de vues côtières : une construction simple, presque architectonique, destinée à accueillir des variations de lumière et de matière. Ici, la verticalité des mâts et des troncs répond à l’horizontalité des nappes d’eau, créant un équilibre calme malgré le climat incertain.
Justification de datation et d'attribution
La datation « vers 1940 » se justifie par la manière très synthétique de traiter les volumes et par une palette froide et atténuée, caractéristiques de cette phase où Breuillaud recherche avant tout l’accord général des tons. La gouache, posée rapidement mais reprise par endroits, correspond à un mode de travail qui privilégie la notation immédiate et l’étude atmosphérique. L’attribution à André Breuillaud est cohérente avec son vocabulaire formel : simplification des masses bâties, arbres traités par grandes touches, et attention portée aux transitions entre ciel et mer. La scène n’est pas descriptive au sens topographique ; elle vise plutôt la sensation du lieu, ce qui constitue un trait récurrent de son œuvre paysagère.
Provenance / expositions / publications
Collection particulière. Les éléments de provenance antérieure, d’expositions et de publications ne sont pas documentés à ce jour. Toute information complémentaire (ancienne collection, mention en catalogue, photographie d’atelier, correspondance) permettra de préciser l’historique de l’œuvre.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
