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Dinard, les rochers (1940)

AB-GU-1940-014 Dinard, les rochers

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Datée de 1940, cette vue maritime se rattache à un ensemble de paysages de côte où Breuillaud s’intéresse aux oppositions entre roche, mer et ciel. Le motif de Dinard – station littorale de Bretagne – place l’artiste face à une lumière plus froide et changeante que celle du Midi, et l’incite à explorer une gamme chromatique plus irisée.

Le sujet des rochers, traité sur un format relativement intime, évoque un travail sur le motif, rapide mais très construit, où la sensation du vent, de l’humidité et des variations de lumière est traduite par la touche.

Description plastique / stylistique

 La composition est dominée par un massif rocheux au premier plan, dont les volumes sont modelés par une peinture nerveuse. À droite, une falaise et un sentier en surplomb introduisent une diagonale qui guide le regard vers le fond. Quelques figures minuscules jalonnent le chemin, accentuant l’échelle du site et donnant une mesure humaine au paysage.

La mer, rendue par des tons turquoise et bleu clair, s’étend jusqu’à l’horizon ; une voile blanche ponctue la surface, contrepoint graphique qui renforce la profondeur. Les roches mêlent des ocres, des bruns et des violets, avec des reprises vertes et rosées qui suggèrent les reflets et l’humidité. La pâte est visible, travaillée par touches courtes et directions variées, créant une texture vibrante sur l’ensemble du rivage.

Analyse comparative / corpus voisin

 Cette œuvre s’inscrit dans les vues de plein air où Breuillaud privilégie une écriture très libre de la matière pour restituer la sensation immédiate. Le traitement du rocher en facettes colorées, presque « prismatiques », rappelle sa manière d’aborder les reliefs : non comme un contour, mais comme une somme de plans chromatiques.

Par rapport à ses paysages de campagne, ici le contraste est plus marqué entre zones calmes (ciel, mer) et zones agitées (rochers, chemin). Ce jeu d’alternance est caractéristique de ses marines : l’espace s’y construit par grandes nappes horizontales, interrompues par un motif minéral traité en forte densité de touche.

Justification de datation et d'attribution

La datation à 1940 est compatible avec la facture synthétique et l’audace chromatique observées dans les œuvres de cette période : simplification des silhouettes, présence d’accents violets et bleutés, et volonté de condenser l’impression du motif plutôt que de décrire minutieusement.

Le thème littoral, associé à un format serré et à une touche très mobile, correspond à une phase où Breuillaud explore différents territoires de paysage tout en conservant un langage formel constant.

L’attribution à André Breuillaud est étayée par la cohérence stylistique : construction par rapports de valeurs, usage expressif de la touche et capacité à articuler des plans simples avec une matière très vivante. La manière de juxtaposer des violets et des ocres dans le rocher constitue une signature plastique récurrente dans son œuvre.

La signature est visible en bas à droite (à confirmer par examen direct). L’ensemble des caractéristiques matérielles et stylistiques plaide pour une œuvre autographe.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud.