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Campagne limousine (1940)

AB-GU-1940-013 Campagne limousine

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Ce paysage rural daté de 1940 témoigne de l’intérêt constant de Breuillaud pour les motifs de campagne : horizons bas, silhouettes de villages et animation discrète du quotidien. Dans ces années, l’artiste développe une peinture de plein air qui conjugue observation directe et mise en forme synthétique.

L’indication « limousine » renvoie à un territoire de bocage et de vallonnements doux. Breuillaud en retient ici l’essentiel : l’échelle humaine du paysage, la présence du bâti et la densité végétale qui enveloppe les constructions.

Description plastique / stylistique

La scène est construite depuis un point de vue légèrement surélevé. Au premier plan, une bande de terrain et un léger décrochement (talus ou fossé) introduisent l’espace. La zone médiane accueille des éléments de vie rurale esquissés : un chemin, des formes d’outils ou de charrette, et, à droite, quelques animaux à peine indiqués qui animent la prairie.

Le village se détache au centre, dominé par le clocher sombre de l’église, point vertical qui structure la composition. Les maisons et toitures sont traitées en masses claires, partiellement absorbées par les feuillages. Le ciel, nuageux et lumineux, est rendu par des touches larges et des modulations froides, qui créent un contraste avec les verts saturés du paysage.

La touche est vive et apparente : Breuillaud juxtapose des tonalités de vert, de violet et de gris bleuté, laissant parfois transparaître la trame ou la préparation. Cette écriture donne une sensation de mouvement et de fraîcheur atmosphérique.

Analyse comparative / corpus voisin

Ce tableau s’inscrit dans un ensemble de paysages où Breuillaud associe un motif architectural central (clocher, ferme, hameau) à une enveloppe végétale très travaillée. Le contraste entre les volumes clairs du bâti et les masses sombres des arbres est un procédé récurrent qui permet de hiérarchiser l’espace sans recourir à un dessin détaillé.

La palette, fondée sur des verts nuancés et des violets atténués, renvoie à une recherche d’accords plus froids que dans les vues méditerranéennes contemporaines. On peut y voir l’adaptation de son langage pictural à un climat et une lumière différents, avec un intérêt marqué pour les valeurs et l’épaisseur de l’air.

Justification de datation et d'attribution

La datation à 1940 est cohérente avec le traitement synthétique des formes et l’économie descriptive : les éléments figuratifs (animaux, outils, chemin) restent allusifs, tandis que la structure générale du paysage est fixée par de grands rapports de valeurs.

La matière picturale, la prédominance des tons froids et la manière de construire le village par blocs clairs rapprochent cette œuvre des autres paysages attribués à la même période.

L’attribution à André Breuillaud se fonde sur la cohérence de la touche et de la construction : masses végétales rendues par gestes circulaires, architectures simplifiées, et sens aigu de la respiration entre les plans. La hiérarchie des valeurs, notamment autour du clocher, est typique de son approche du paysage.

La signature apparaît en bas à gauche (à confirmer sur l’original). L’ensemble des caractéristiques plastiques correspond à une œuvre autographe de l’artiste.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud.