Fiche technique
- Titre : Paysage provençal
- Date : 1940
- Technique : Huile sur toile
- Dimensions : 46 × 55,5 cm
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
En 1940, André Breuillaud poursuit un travail soutenu sur le paysage, alternant vues de campagne et motifs méditerranéens. Dans ce moment charnière, sa peinture tend vers une synthèse : simplification des masses, recherche d’équilibres architecturés et affirmation d’une couleur construite en aplats.
Le sujet de ce « paysage provençal » s’inscrit dans une série où l’artiste observe les reliefs, les mas et les arbres du Midi. Plutôt que de s’attacher à l’anecdote, il privilégie une lecture structurante du motif, comme s’il cherchait à « mettre en ordre » la nature par plans successifs.
Description plastique / stylistique
La composition s’organise en trois registres. Au premier plan, une zone claire, presque sablonneuse, est rythmée par l’ombre portée d’un olivier isolé, dont le tronc bleuté et les branches souples dessinent une arabesque. Au centre, l’architecture d’un mas – volumes géométrisés, toits orangés, ouvertures sommairement indiquées – joue le rôle de pivot entre la terre et le lointain.
L’arrière-plan est constitué de collines superposées et d’un relief montagneux aux arêtes simplifiées. Le ciel, d’un bleu dense, oppose une surface unifiée à la mosaïque des plans terrestres. La palette associe des verts sourds, des ocres rosés et des bleus profonds ; les transitions sont volontairement abruptes, renforçant l’effet de construction. Les coups de brosse sont francs et larges, parfois légèrement empâtés, ce qui donne à la surface une vibration mate et compacte.
Analyse comparative / corpus voisin
Par son économie de moyens et sa volonté d’ordonner le paysage par grandes plages colorées, cette œuvre se rapproche des autres paysages de 1940 où Breuillaud privilégie une lecture « par plans » : collines découpées, architectures traitées comme des blocs, arbres isolés servant d’axes de composition.
On retrouve notamment un vocabulaire proche dans des vues où les oliviers sont utilisés comme contrepoint graphique : un tronc sombre, des feuillages ramassés en volumes, et des ombres portées qui ancrent la scène. La relation entre les ocres du sol et les bleus du ciel renvoie également à une recherche d’accords chromatiques typique de cette période, où l’artiste évite le pittoresque au profit d’une harmonie construite.
Justification de datation et d'attribution
La datation à 1940 s’appuie sur des caractéristiques de facture et de palette observées dans le corpus de la même année : simplification géométrique des formes, aplats nettement juxtaposés, accentuation des contrastes froid/chaud, et traitement synthétique des détails architecturaux.
Le motif provençal, la présence structurante de l’olivier et la manière d’étager les collines correspondent à une veine particulièrement active autour de 1940, telle qu’elle apparaît dans les autres paysages attribués à cette période.
L’attribution à André Breuillaud repose sur la cohérence stylistique avec ses paysages connus : dessin sous-jacent souple mais maîtrisé, construction par plans, et usage d’une couleur à la fois sourde et lumineuse. La touche, large et directionnelle, privilégie la masse plutôt que le détail, tout en conservant une sensibilité à la lumière méditerranéenne.
La signature semble présente dans l’angle inférieur droit (à confirmer par examen direct de l’original). L’ensemble des caractéristiques matérielles et plastiques milite en faveur d’une œuvre autographe.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud.
