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Paysage provençal (1940)

AB-GU-1940-007 Paysage provençal

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Cette œuvre s’inscrit dans la même veine provençale que les paysages de 1940, mais elle introduit un élément d’ouverture particulier par la présence d’une grande étendue d’eau à l’arrière-plan. Breuillaud y confronte la stabilité terrienne des oliveraies et des cultures au lointain fluide de la mer, ce qui élargit la sensation d’espace et modifie la logique des plans.

Le tableau témoigne d’un intérêt pour les villages en bordure de paysages ouverts, où l’architecture se rassemble en une bande compacte. L’artiste privilégie une lecture globale : il retient l’essentiel des masses et des couleurs, afin de rendre perceptible la relation entre site, végétation et implantation humaine.

Description plastique / stylistique

Le premier plan est constitué de collines douces et de terrasses, traitées en ocres clairs et en verts bleutés, où des oliviers ponctuent la surface. Le traitement de ces arbres est très simplifié : frondaisons arrondies, troncs indiqués par quelques accents plus sombres, ce qui crée un réseau de formes répétées.

Au milieu de la composition, une bande de maisons aux tons rosés, beiges et blancs s’étire horizontalement. Les volumes sont volontairement schématisés, mais la variation des toits et la présence de quelques verticales suffisent à animer la ligne bâtie. À l’arrière-plan, la mer forme une large zone bleue, presque continue, qui stabilise la scène et renforce le contraste entre les terres chaudes et le lointain refroidi.

Analyse comparative / corpus voisin

Par son organisation en bandes superposées, l’œuvre rejoint la méthode de construction spatiale fréquente chez Breuillaud à cette date : un avant-plan végétal, une ligne bâtie, puis un horizon large. La mer joue ici un rôle comparable à celui d’un ciel très bas : elle donne une assise calme à la composition et accentue la lisibilité des plans.

Le tableau se distingue toutefois des vues strictement rurales par la présence concentrée du village, traité comme une frise architecturale. Cette solution renforce l’idée d’un paysage habité, où l’homme et la nature s’équilibrent. Les couleurs restent dans une gamme volontairement limitée et harmonisée, ce qui rapproche cette toile des paysages de synthèse de la période plutôt que d’une approche descriptive.

Justification de datation et d'attribution

La datation vers 1940 est cohérente avec la simplification des volumes, la construction par grandes plages colorées et l’économie de détails. La présence d’un lointain très uni (mer traitée en zone bleue continue) correspond à une période où l’artiste privilégie l’effet d’ensemble et la stabilité du motif.

Le contraste entre terres ocrées et verts adoucis, associé à des bleus francs mais contenus, est typique de la palette méridionale de la charnière fin 1930 / début 1940. La facture, visible mais homogène, ainsi que le choix d’une perspective construite par strates plutôt que par profondeur dessinée, confortent l’attribution à cette séquence chronologique.

Provenance / expositions / publications

Collection privée

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud