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Les Alpilles à Saint-Rémy (1940)

AB-GU-1940-003 Les Alpilles à Saint-Rémy

Fiche technique

Contexte biographique / historique

L’année 1940 marque chez Breuillaud un moment charnière, à la fois biographique et stylistique. Dans un contexte de guerre et de déplacements, il intensifie ses séjours en Provence et poursuit une recherche de synthèse où la couleur-matière et la construction du paysage prennent le pas sur l’observation naturaliste.

Le massif des Alpilles, autour de Saint‑Rémy‑de‑Provence, devient alors un véritable laboratoire pictural. Les crêtes anguleuses, la lumière dure et les sols ocres offrent un motif propice à une peinture structurée, fondée sur des plans dynamiques et des rythmes obliques.

Description plastique / stylistique

La composition se construit en profondeur par une succession de plans ascendantes, où le sol, la zone d’oliveraie et la ligne des Alpilles s’emboîtent avec une perspective volontairement resserrée. Le premier plan est traité en rouge incandescent, presque minéral, avec une matière épaisse striée qui confère au terrain une énergie vive.

Au centre, les oliviers sont réduits à des masses anguleuses : éclats verts, bleutés et mauves qui structurent la scène et substituent à la description botanique une organisation rythmique. À l’arrière, le massif est découpé de manière graphique ; ses crêtes sombres se détachent fortement sur un ciel orangé, peint en larges aplats vibrants.

La palette est poussée vers des ocres brûlés et des rouges très saturés, contrebalancés par des verts froids, des bleus profonds et des jaunes portés à forte intensité. La touche est large, parfois taillée en biseau, accentuant une tension expressive qui vise à extraire la structure énergétique du paysage plutôt qu’à l’illustrer.

Analyse comparative / corpus voisin

L’œuvre s’inscrit dans les expériences provençales menées entre 1939 et 1941. Elle prolonge l’intérêt de Breuillaud pour un paysage construit par masses et contrastes, tout en poussant plus loin la nervosité du dessin et la simplification des formes.

La géométrisation des volumes et l’accent mis sur la terre rouge annoncent des partis pris plus affirmés du groupe PG2 : simplification extrême des plans, intensification chromatique et tendance à une quasi‑abstraction de la topographie, sans rupture complète avec le motif.

Justification de datation et d'attribution

La datation « 1940 » est cohérente avec la palette rouge‑orangée et la stylisation des oliviers caractéristiques de la transition 1939–1941. Le dessin anguleux, la compression des plans et la tension chromatique correspondent à la phase de recherche qui précède l’affirmation complète du langage PG2.

L’œuvre est datée et située dans l’ouvrage de Michelle Philippon consacré à Breuillaud (1992).

Provenance / expositions / publications

Localisation : collection privée.

Publication : reproduite dans l’ouvrage de Michelle Philippon (1992).

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud