Accueil du catalogue · Index des œuvres · Site principal

Ronde voluptueuse (II) (1977)

AB-CCL-1977-001 Ronde voluptueuse (II)

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1977, Breuillaud prolonge les recherches amorcées en 1976 autour de la circularité et de la formation organique. La « ronde » n’est plus seulement une organisation des corps : elle devient un dispositif de genèse, un théâtre intérieur où des entités hybrides manipulent, recombinent et transforment la matière vivante.

Ronde voluptueuse (II) condense cette tension entre charnel et cosmique : la sensualité des volumes subsiste, mais elle est prise dans un processus plus vaste, comme si la figure participait à la fabrication d’un monde plutôt qu’à une scène humaine.

Description plastique / stylistique

La composition, largement ouverte, organise plusieurs présences autour d’un foyer d’action central. À gauche, une grande tête pâle et un buste simplifié apparaissent comme un témoin silencieux. Au centre, une entité masquée bleu-vert, aux yeux très marqués, domine l’ensemble et dirige le geste.

Autour de ce noyau, des corps nus se tordent et se déploient : l’un, étiré en diagonale, s’élève vers le haut ; un autre se replie à droite en boucle, formant une enceinte charnelle. Entre ces formes, une petite figure est saisie et manipulée, comme au cœur d’une opération de transformation.

La palette est dominée par des jaunes et ocres irradiés, traversés de verts et de bleus plus froids. La matière, par endroits translucide, est parcourue de filaments et de reprises fines qui donnent l’impression d’une circulation interne (nerfs, courants, pulsations) plutôt que d’un modelé naturaliste.

Analyse comparative / corpus voisin

Par rapport à AB-CCL-1976-001 (Ronde voluptueuse I), la version 1977 amplifie l’espace et charge la ronde d’une dimension opératoire : le mouvement n’est plus seulement rotatif, il devient transformationnel, orienté par une figure centrale.

La présence de l’entité masquée et le geste de manipulation font écho, dans le corpus, aux œuvres de type « opérateur » du début des années 1970, tout en les réinscrivant dans une lumière dorée et une chair plus ouverte.

Les transparences, la circulation de lignes internes et le mélange du charnel et du spectral rapprochent l’œuvre des recherches CCL de 1977, où la figure oscille entre organisme, masque et milieu amniotique.

Justification de datation et d'attribution

La datation 1977 est cohérente avec la palette jaune-ocre irradiée et les effets de transparence à l’huile, caractéristiques de cette phase tardive CCL. La présence d’une figure-masque centrale, structurante, correspond également aux compositions de 1977 où le « regard » devient un centre énergétique.

La construction en ronde ouverte, la coexistence de volumes humains et d’entités métamorphiques, ainsi que la matière filamenteuse et vibrante s’accordent avec le corpus connu de Breuillaud pour ces années. L’ensemble des critères plastiques soutient l’attribution.

Selon la notice source, l’œuvre est reproduite et datée au Catalogue Michelle Philippon (1992).

Provenance / expositions / publications

Reproduit, daté et titré au Catalogue Michelle Philippon (1992).

Notice source : atelier de l’artiste, Vence (information de provenance).

Localisation actuelle : inconnue.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud