Fiche technique
- Titre : Couple enlacé
- Date : 1976
- Technique : Huile sur papier (HSPap)
- Dimensions : 64 × 49 cm
- Localisation : Inconnue
Contexte biographique / historique
En 1976, la période CCL ne se limite pas aux figures fluides et aux transparences : Breuillaud explore aussi, plus rarement, une voie de condensation charnelle où la forme se resserre et se stabilise. Couple enlacé appartient à ce versant dense, centré sur l’étreinte comme structure plutôt que comme scène.
Ici, l’union n’est pas narrative : elle prend la forme d’un nœud corporel, presque d’une sculpture vivante. La recherche porte sur la fusion des masses, la circulation des appuis et la manière dont deux présences peuvent s’agréger en une seule entité compacte.
Description plastique / stylistique
La composition présente un couple assis, enserré dans une étreinte totale. Les deux corps se confondent : le torse supérieur s’appuie et s’enroule, la tête se baisse et s’efface, tandis que les membres s’imbriquent jusqu’à produire une masse unique à plusieurs bras.
Le modelé est travaillé par une lumière dorée, déposée en points et frottis qui laissent respirer le papier brun. Cette granularité donne à la peau une chaleur interne, comme si l’éclat venait du dedans plutôt que d’un éclairage extérieur.
Le trait, nerveux et extrêmement fin, insiste sur les lignes de tension — mains, doigts, articulations — et rend visibles les vecteurs de l’étreinte. Le fond demeure neutre, sans profondeur, ce qui isole la forme et accentue la sensation de suspension.
Analyse comparative / corpus voisin
Dans le corpus CCL, Couple enlacé se lit comme un contrepoint aux œuvres de dissolution et de membrane : au lieu d’un corps traversé par des flux, la figure se compacte et se ferme, cherchant une unité volumétrique.
Le traitement par masses et la monumentalité rapprochent l’œuvre de certaines compositions charnelles plus anciennes chez Breuillaud, tout en les transposant dans un langage des années 1970 (ligne fine, espace neutre, lumière interne).
Cette densité préfigure aussi quelques rares pièces de 1977–1978 où l’artiste réintroduit des volumes humains plus stables, tout en conservant la dimension psychique et non descriptive de l’espace.
Justification de datation et d'attribution
La datation 1976 est directement étayée par l’inscription « Vence 76 » visible au bas de l’œuvre, ainsi que par la signature.
La technique sur papier, la palette ocre-dorée et le modelé par grain et rehauts légers correspondent aux pratiques de Breuillaud au milieu des années 1970. La syntaxe graphique (trait fin, mains accentuées, corps fusionnés) s’inscrit pleinement dans la logique CCL.
Ces éléments plastiques et matériels soutiennent la cohérence de datation et l’attribution.
Provenance / expositions / publications
Inscription « Vence 76 » et signature visibles.
Reproduit, daté et titré au Catalogue Michelle Philippon (1992).
Localisation actuelle : inconnue.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
