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Enchevêtrement érotique (1974)

AB-CCL-1974-004 Enchevêtrement érotique

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1974, Breuillaud alterne les grandes compositions saturées de bleu et des toiles plus claires, plus aérées, où le dessin reprend le dessus. « Personnage en transition » témoigne de cette respiration : l’artiste y privilégie un espace presque nu, comme une scène de laboratoire, où quelques figures suffisent à installer une dramaturgie intérieure.

Réalisée à Vence, l’œuvre s’inscrit dans une recherche sur la métamorphose : l’être n’est jamais fixé, il oscille entre corps, animalité et signe. La « transition » annoncée par le titre se lit autant dans les formes que dans la technique, qui combine transparences, réserves et tracés nerveux.

Description plastique / stylistique

Sur un fond lumineux et peu chargé, des formes principales se détachent : une présence sombre à gauche, dont l’œil devient un foyer d’attention, et une grande forme arquée, presque aviaire ou végétale, qui surplombe une figure plus claire. Le corps humain apparaît en fragments, en contorsions, comme s’il était en train de se transformer, de basculer d’un état à un autre. Les contours sont souvent dessinés au trait, puis repris par de fines couches de couleur qui laissent la toile respirer.

La palette est plus douce que dans les scènes nocturnes : ocres légers, bleus dilués, touches verdâtres, avec quelques accents plus sombres qui fixent la composition. Le geste graphique, très présent, suggère des déplacements, des glissements, et installe une temporalité : on a l’impression de voir une figure en train de devenir autre, plutôt qu’un personnage posé dans un décor.

Analyse comparative / corpus voisin

Cette toile constitue un pendant aux « scènes bleues » de 1974 : au lieu d’un monde saturé d’apparitions, Breuillaud choisit ici l’économie, l’ellipse, et confie au dessin la charge de l’inquiétude. On retrouve pourtant les mêmes signes : l’œil isolé, la forme hybride entre humain et animal, et la dramaturgie d’un espace sans sol certain.

Dans le corpus voisin, « Personnage en transition » se rapproche des œuvres où Breuillaud clarifie le champ pictural pour mieux isoler un motif. Elle éclaire la logique interne de la période : la profusion et la densité ne sont pas un but, mais une option parmi d’autres, et l’artiste sait réduire l’espace pour intensifier le caractère d’apparition.

Justification de datation et d'attribution

La datation à 1974 est cohérente avec cette alternance, attestée dans l’œuvre, entre nocturnes bleus et compositions plus claires. Les formes, à la fois dessinées et fondues, correspondent à un moment où Breuillaud stabilise son vocabulaire tout en le testant sur des dispositifs variés, et le format (59 × 72 cm) s’inscrit dans ces toiles d’étude plus concentrées.

L’attribution à André Breuillaud est fondée sur la signature et sur des traits stylistiques très caractéristiques : œil-signe, anatomies souples, contours incisés, et sentiment d’un théâtre mental où la figure se métamorphose. La cohérence de la touche et du dessin avec les autres œuvres de 1974 renforce cette attribution.

Provenance / expositions / publications

Vence. Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud