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Mirage au clair de lune (1973)

AB-CCL-1973-001 Mirage au clair de lune

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1973, Breuillaud stabilise le « bleu cosmique » tout en en modulant les registres : aux grands cycles d’entités sphériques répondent des formats moyens plus atmosphériques, travaillés comme des visions. À Vence, ces études prennent la forme de scènes observées, comme filtrées par une pellicule mentale, où lumière, matière et êtres s’éprouvent dans une même vibration. Mirage au clair de lune appartient à ce versant : une apparition tenue, plus contemplative que dramatique, qui organise le monde à partir d’un halo et d’une ligne d’horizon.

Description plastique / stylistique

L’espace s’ordonne selon un gradient de lumière : un bas plus sombre, marécageux, aux bleus profonds et aux verts assourdis, s’ouvre vers un haut éclairci par un jaune pâle, presque lunaire. Au centre et dans la partie supérieure, des disques lumineux s’entourent d’auréoles, comme des astres organiques, tandis que des filaments nerveux en dessinent la bordure et relient les formes entre elles. Sur cette scène, des figures hybrides, verticales ou courbes, se tiennent à la limite du végétal et de l’anthropomorphe : certaines s’élèvent en colonnes effilées, d’autres se condensent en masses plus épaisses, et un grand être à droite, porté par un disque, semble dominer l’ensemble comme une présence tutélaire. La matière, fine et mate, laisse transparaître le grain du papier et accumule des glacis qui font vibrer les transitions.

Analyse comparative / corpus voisin

La construction atmosphérique et la polarité jaune-blanc / bleu nuit situent l’œuvre dans le cycle CCL, avant l’affirmation des membranes pleines que l’on associe à 1974. Par rapport aux visions plus serrées de 1972, la scène s’aère et retrouve une respiration de paysage, sans pour autant basculer dans la description : l’horizon reste un seuil, et les figures demeurent des apparitions. La présence de sphères spiralées et d’auréoles, signalée dans la documentation, renforce l’inscription de cette feuille dans les recherches de 1973, où l’astre devient à la fois source lumineuse, centre d’attraction et organisme.

Justification de datation et d'attribution

La datation à 1973 est cohérente avec l’accord chromatique entre jaunes lunaires et bleus nocturnes, avec la mise en place d’une scène atmosphérique encore dépourvue des membranes denses des années suivantes. Le support papier et la matière faite de couches fines et de glacis superposés correspondent aux œuvres sur papier de ce moment, tandis que l’ancrage de l’atelier de Vence, mentionné dans la documentation, s’accorde avec la tonalité lumineuse de l’ensemble. La reproduction, le titre et la datation figurant dans le catalogue de Michelle Philippon (1992) confortent enfin l’attribution et la chronologie.

Provenance / expositions / publications

Collection privée. Reproduit, titré et daté dans le catalogue de Michelle Philippon (1992).

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud