Fiche technique
- Titre : Rêve fossile
- Date : 1962
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 100x81
- Localisation : Inconnue
Contexte biographique / historique
« Rêve fossile » s’inscrit dans le même ensemble de 1962 où Breuillaud fait se rejoindre l’imaginaire du vivant et celui du minéral. Après les images de gestation, l’artiste déplace le motif vers une forme de sédimentation : le corps devient trace, empreinte, dépôt, comme s’il appartenait déjà à une mémoire géologique. Cette tension entre apparition et disparition, entre rêve et fossilisation, correspond à l’une des directions majeures du début des années 1960, où la peinture devient un lieu de métamorphoses plutôt qu’un espace de représentation descriptive.
Description plastique / stylistique
La toile présente une grande masse sombre, travaillée en variations de gris et de noirs, au sein de laquelle émergent des zones plus claires dessinant une forme centrale. Les contours sont instables : ils se construisent par frottements, reprises et griffures, comme si la figure était dégagée par excavation. Les lignes de fracture et les stries donnent à la surface un caractère de roche ou de paroi, tandis que les éclaircies internes suggèrent un volume pris dans la matière, à la fois corps et vestige.
Analyse comparative / corpus voisin
Par son économie chromatique et par son travail de surface, « Rêve fossile » dialogue étroitement avec « Monde en friche » : même rapport entre masse compacte, réserves lumineuses et réseau de stries. Il constitue aussi un contrepoint aux œuvres plus directement organiques de 1962, où le motif est encore « vivant » et mobile ; ici, l’énergie linéaire devient cicatrice et la forme semble immobilisée. Dans une perspective plus large, la toile prolonge les recherches sombres de 1961 tout en annonçant un cycle où la figure se confond avec une matière-paysage, caractéristique de la période suivante.
Justification de datation et d'attribution
La datation 1962 est confirmée par la présence, sur la reproduction, d’un millésime « 62 » en bas à droite, et par la cohérence stylistique avec les œuvres du même ensemble (masses sombres, stries, réserves internes). L’attribution est renforcée par une signature visible en bas à gauche sur la reproduction, ainsi que par la continuité de facture et de vocabulaire plastique. L’ensemble des indices (signature, millésime, insertion dans le cycle « minéral » de 1962) permet de retenir une datation assurée et une attribution ferme.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
