Fiche technique
- Titre : Particules élémentaires
- Date : 1961 (circa)
- Technique : Huile sur toile
- Dimensions : 54x65
- Localisation : Collection privée *
Contexte biographique / historique
L’année 1961 constitue pour Breuillaud une phase d’inflexion majeure au sein de la Mutation Plastique : rupture progressive avec les structures encore mosaïquées de MP2 (1955–1958) et entrée dans la proto-cosmicité caractéristique du tout début MP3.
C’est également une période où l’artiste expérimente une nouvelle gestuelle fragmentée, travaillée par effilochages et zones de contraction lumineuse. Cette œuvre marque selon le CSV un « premier tableau filamenteux », témoin d’un basculement esthétique et conceptuel décisif : passage d’une matière encore terrienne vers une imagerie quasi-microscopique, résonnant avec les préoccupations scientifiques et cosmologiques de la période.
Description plastique / stylistique
La composition, centrée sur une forme ovoïde ou membraneuse, est structurée par un réseau serré de filaments clairs — beiges, rosés, jaunes — qui se ramifient sur un fond sombre vert-bleuté. Les zones d’accumulation évoquent des noyaux, cellules, poches énergétiques, tandis que les interstices sombres créent l’impression d’un espace profond, presque intersidéral. La touche est fine, parfois raclée ; la lumière naît de l’intérieur des masses plutôt que d’un modelé externe. La surface laisse apparaître des strates d’ombre et de transparence, conférant à l’ensemble une dynamique interne proche d’une matière vivante en expansion. L’absence de contour franc, remplacé par des continuités fibrillaires, constitue la signature de ce moment très particulier du début des années 1960.
Analyse comparative / corpus voisin
L’œuvre se situe à la charnière entre : – les derniers tableaux MP2 encore géologiques, en réseaux opaques et segmentés ; – les premières toiles proto-cosmiques 1961–1962, où la matière semble se dissoudre en combinatoires cellulaires et en phénomènes particulaires. Elle annonce directement les compositions de 1961–1963 marquées par : – l’apparition de membranes molles, – la fragmentation en zones nucléaires, – une dynamique interne plus organique que tectonique. Par son caractère filamenteux affirmé, elle se rattache aux œuvres où Breuillaud explore le micro-organique autant que le macro-cosmique, préparant les futurs « champs énergétiques » de MP3.
Justification de datation et d'attribution
La datation 1961 (circa) est cohérente : – avec le type de filamentaire encore émergent, non systématisé, – avec la palette sombre et les éclaircissements internes, caractéristiques des premiers essais de transition MP2 → MP3, – avec la note CSV indiquant explicitement une rupture 61, – avec les structures moins denses que celles observées dès 1962–1963. Tous ces critères justifient pleinement le positionnement en tout début de séquence MP3.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
