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Sarabande provençale (1948)

AB-PR-1948-004 Sarabande provençale

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Sarabande provençale appartient aux grandes compositions figuratives de l’après-guerre, où Breuillaud s’intéresse aux danses, processions et rites populaires. Au tournant de 1948, ces scènes collectives lui permettent d’unir mouvement et construction, dans une iconographie qui affirme un attachement à la Provence et à ses traditions.

Par l’ampleur du format, l’œuvre dépasse l’étude : elle cherche une image-synthèse, à la fois décorative et expressive, fondée sur le rythme des silhouettes.

Description plastique / stylistique

La composition se déploie comme une frise : une suite de figures stylisées, aux membres anguleux et aux torsions marquées, avance de gauche à droite. Les corps, traités en aplats, sont cernés de contours sombres ; les visages sont réduits à des masques, accentuant l’effet de procession.

La palette privilégie les rouges, les bruns et les jaunes, opposés à des zones plus sombres qui densifient la profondeur. Le fond, peu descriptif, agit comme un champ coloré destiné à faire ressortir le rythme des formes et la sensation de danse.

Analyse comparative / corpus voisin

L’œuvre se rattache à un corpus de scènes collectives où Breuillaud exploite la figure en mouvement, en la simplifiant jusqu’à l’idéogramme. On y retrouve le même intérêt pour la cadence des pas, la répétition des silhouettes et la structure en bande, proche d’un décor mural.

Par la tension entre aplats colorés et contours vigoureux, Sarabande provençale annonce des recherches ultérieures sur la danse et la procession, tout en conservant une énergie propre à la fin des années 1940.

Justification de datation et d'attribution

La datation en 1948 concorde avec l’intensification chromatique et la stylisation radicale des figures, caractéristiques des grandes compositions de la période PR1. Le traitement en frise et l’accent mis sur le rythme s’inscrivent dans cette phase d’expérimentation formelle.

L’attribution est étayée par la cohérence stylistique avec les autres œuvres contemporaines de Breuillaud et par la signature visible sur la composition.

Provenance / expositions / publications

Publication : figure dans l’ouvrage de Michelle Philippon (1992).

Localisation : collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud